Catégorie : Les êtres chers

Certaines personnes prennent parfois dans notre vie une place inattendue.

Présentes au bon moment ou au bon endroit, gardiennes du temps et tutrices de notre enfance, elles participent à leur façon à la construction de ce  que nous sommes devenus. Peut-être tout simplement parce qu’elles nous ont appris à aimer le monde qui nous a vu grandir.

C’est le cas de « Ricou » ; monsieur Compeyron.

Il est vrai que s’il fallait mesurer l’amour d’un homme pour son village au nombre des années qu’il l’a servi, Henri  Compeyron tiendrait sans aucun doute le haut du pavé. Continue reading →

celeste2Rencontrer quelqu’un, c’est vouloir le connaître, lui parler, partager un moment de sa vie. C’est en tout cas dans cet état d’esprit que j’ai frappé un jour à la porte de Céleste Albaret.

Je l’ai rencontrée pour la première fois  par une après-midi de Juillet 1974, elle  avait quatre-vingt trois ans et venait de publier avec Georges Belmont « Monsieur Proust.»

Il m’arrivait assez souvent de voir cette dame se promener le long du ruisseau avec sa sœur Marie, mais hormis les salutations polies que nous nous faisions à l’occasion de ces rencontres, je ne lui avais jamais adressé la parole. Continue reading →

justineIl faut une fois de plus vous obéir, prendre nos plumes et nos cahiers et s’appliquer à ne pas déborder les lignes qui tracent sur le blanc de l’innocence les sentiers de la connaissance.

Il y a six ans, pour votre centenaire, j’ai écrit ce petit abécédaire. 

Depuis, le temps s’est assoupi sous le pré-haut comme un enfant en manque de sommeil. L’enfant a grandi et le temps est venu où il est urgent de dire des choses, de les écrire, pour leur rendre leur part d’éternité. Continue reading →

Le juif errant, illustration d'un ouvrage d'Eugène Sue (collection Le-Livre)Il chante.

Il chante tout le temps, quel que soit le temps, quel que soit le jour.

Il chante haut et fort, comme s’il voulait que le monde entier l’entende.

N’importe quand, n’importe ou, par n’importe quel temps ; Il chante pour le monde, comme ça, manière de chanter.

On dirait qu’il se dépêche de chanter parce qu’il sait que c’est  le temps de le faire, que c’est toujours ça de posé sur  le voile du silence.

Il chante bien, c’est un vrai marchand de bonheur. Continue reading →

 Fortune Puel, c’était mon papé, un homme qui m’a tellement appris de choses qu’aujourd’hui je ne sais plus dans quel ordre les raconter.

D’ailleurs, franchement, l’ordre, ce n’est pas très important. Peut-on d’ailleurs mettre ses souvenirs dans l’ordre? Peut-on les classer? Pourquoi aussi ne pas leur mettre une étiquète et les ranger dans un tiroir tant qu’on y est?

Je ne crois pas que les souvenirs puissent s’accommoder de l’ordre. Ce sont des moments qui viennent en vrac, sans qu’on le leur demande.

Ce sont des émotions, des visages qui reviennent pour un temps, le temps d’un bien-être, d’une douceur envahissante. Continue reading →

Mamé AugustineAugustine, je l’ai jamais connue sous un autre nom que celui de Mamé.

Mamé est née en 1902, au début du siècle dernier, à Correjac, à quelques pas du village du Paven où elle passera la majeure partie de sa vie pour venir la finir à la fin du siècle dernier à Correjac.

Une voyageuse qui, à défaut d’avoir traversé les ruisseaux, les mers et les océans, a connu en près d’un siècle de vie, autant de violences et d’évolutions technologiques que n’en connurent beaucoup de grands aventuriers qui peuplent nos bibliothèques. Continue reading →

pilo1A Gille Mazard, dit Pilo, a disparu en 2010.

Avant tout, je voudrais te dire que j’ai écrit, je l’ai fait dans l’urgence et sous une forme douce de contrainte. Tu sais ce que c’est toi l’urgence et la pression.

« Bon Pilo, je voudrais pas dire mais il me faudrait 17 dessins pour demain matin pour illustrer Vivre, tu vois, j’ai pensé à toi, tu vas enfin être célèbre ». Oui, l’urgence et la pression, et toi tu t’exécutes sans rien dire.

Figure toi que samedi, je demandais rien à personne, je promenais mon chagrin dans les rues de Marijoulet quand Brigitte m’a ordonné: « Tu dois  faire un beau texte a Pilo ». Continue reading →