Jour : 21 février 2013

gitane-viOn dit que ses ancêtres étaient des  rois en espadrilles  et des  princesses en lambeaux de soie  On raconte que la bas, sur les rives de l’Indus, les filles ont les yeux si noirs que quand une a les yeux bleus on l’étouffe dans les cendres pour chasser le mauvais sort.

Elle ne sait pas d’où viennent ses ancêtres, on ne sait pas d’où ils sont partis, on sait qu’ils sont arrivés un jour de quelque part, de n’importe où. On dit qu’ils étaient plus libres que des chevaux sauvages, qu’ils n’ont jamais connu de murs ni de frontières, qu’ils ont toujours voulu la paix et qu’ils ont tant marché pour la garder. Continue reading →

Au commencement étaient les ténèbres et l’obscurité. Le gouffre noir de l’univers où l’homme se trouvait seul face à son ignorance.

Un homme brut et qui n’y voyait rien, un homme barbare et mal dégrossi, incapable d’utiliser le moindre outil puisqu’il en ignorait l’existence, tel un aveugle de Baudelaire recherchant dans un ciel invisible la lumière qui le fuyait. Puis vint la lumière… Continue reading →

 Au commencement, les hommes n’avaient pas fait attention, ils laissaient faire la montagne.

Elle était là, on le savait, depuis longtemps

Tout près de la rivière Urubamba. Continue reading →

Il est bientôt trois heures ce vendredi dans la ville trois fois sainte. Trois heures, à l’angle de la Via Dolorosa et la rue El Wad.

Trois, le nombre de la trinité et de l’équilibre. Sur le petit trottoir qui jouxte la via, un  marchand de jus de fruits a installé trois  tables de fortune  pour accueillir les touristes assoiffés.

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Le chat noirLes chats noirs ont été de tous temps associés à des rituels diaboliques, incarnation du diable pour certains, compagnon des sorcières pour d’autres.

Les papes eux-mêmes n’hésitèrent pas à charger les pauvres bêtes, tel Grégoire IX (pape de 1227 à 1241) qui précise dans un édit que le démon prendrait la forme d’un chat noir, et que ses disciples lui embrasseraient les parties génitales pour ensuite se livrer à la débauche en participant à une orgie.

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   serpent ou dirigeable? Adolescent, j’avais une passion pour la spéléologie et la minéralogie, et j’avais souvent entendu dire qu’autrefois, une météorite en fusion était tombée à l’est du village d’Auxillac, vers Marijoulet et Chamazelle. Continue reading →

Voir ici les images de l’incendie du souk municipal le 8 juillet 2012

 C’est arrivé un beau jour, on sait pas trop comment. Enfin, un beau jour, peut-être pas….Comment dire à quelqu’un qui a tout perdu que c’est arrivé un beau jour? Non, ce n’était pas un beau jour….On va dire que c’est arrivé un jour.

Oui, c’est bien beau tout ça, mais comment dire à quelqu’un qui a tout perdu que ce jour là était un jour comme un autre, évanoui dans le temps, perdu dans la foret des jours comme un arbre de trop que le vent n’aime plus. Continue reading →

Dans la nuit froide de l’altiplano, la boulangère de Pisac a fait chauffer la pierre, comme le faisaient les nuits d’avant sa mère et la mère de sa mère.

Et d’ailleurs qu’importe la nuit qui semble se liguer avec le jour pour lui pourrir la vie.

La nuit c’est juste l’autre face de son travail, le dos du miroir qui lui montre chaque jour les morsures du temps sur son visage, l’autre coté de sa misère qu’elle tourne et retourne quand l’ombre s’allonge ou s’efface au gré des rondes du soleil.

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A Gérard Menatory  et à Simone Veil

Le route, c’est quelque chose qu’on prend, c’est du moins ce qu’on se dit quand on veut aller quelque part, on s’y met, on la suit, on est dessus.
Son papa conduisait des trains à la mine de Saint Cernin.

La route montre, descend, vallonne et colline, comme une route du monde. Les routes se ressemblent toutes parce qu’elles mènent quelque part.
Il n’avait jamais pris le train. Continue reading →

Quatros de la tarde, sur la petite place San Domingo quelques gouttes de pluie disputent l’air à un soleil bien peu entreprenant.

Un pinchadiscos édenté écrasé sous son sombréro diffuse de la musique pour des couples qui dansent sur un parquet improvisé. Continue reading →

A plus de 2000 mètres d’altitude, la petite ville de Pátzcuaro porte sur ses pierres son passé colonial, mais quelle ville du Mexique saurait s’exonérer de ce passé? Nous sommes ici Indiens Purépechas, que les espagnols appelaient les Tarasques.

Des indiens qui, dit-on, ont farouchement résisté à l’envahisseur Azteque, ce qui peut expliquer l’acharnement des espagnols après la conquête à y construire des monuments imposants par leur architecture. Continue reading →

carIl y a longtemps que ce moment se prépare.Le marquage du linge, l’achat du nouveau sac à dos, la gourde, le porte monnaie et les recommandations de la grand-mère qui ne sais pas nager, n’a jamais vu la mer,  mais qui en sait plus sur les baignades et surtout les noyades que le maitre-nageur de La Canourgue. Continue reading →

horlogeDe tous temps, l’homme a entretenu une bien étrange relation avec les pendules.

Obsession de mesurer le temps qui passe et d’en pointer chaque avancée?

Fascination pour le mouvement du balancier qui lui donne une impression d’équilibre?

Assurance tranquille d’un retour régulier des choses par la régularité des cycles? Continue reading →

griveS’il est un personnage qui a marqué mon enfance, c’est bien le « Peillarot » et le cortège de peurs irraisonnées qui l’accompagnaient.

Je n’ai jamais su qui était cet homme, et d’ailleurs aujourd’hui, je le regrette terriblement.

On l’appelait la Griva ou lo Grivou , mais je ne sais pas exactement pourquoi…

Pourquoi ces noms d’oiseau, et d’ailleurs était-ce des noms d’oiseau ou dérivaient-ils d’une particularité de notre langue gévaudanaise qui fait prononcer très fréquemment le « v »en « b ». Peut-être l’appelait-on en fait le Gribou ou la GriboContinue reading →

 Fortune Puel, c’était mon papé, un homme qui m’a tellement appris de choses qu’aujourd’hui je ne sais plus dans quel ordre les raconter.

D’ailleurs, franchement, l’ordre, ce n’est pas très important. Peut-on d’ailleurs mettre ses souvenirs dans l’ordre? Peut-on les classer? Pourquoi aussi ne pas leur mettre une étiquète et les ranger dans un tiroir tant qu’on y est?

Je ne crois pas que les souvenirs puissent s’accommoder de l’ordre. Ce sont des moments qui viennent en vrac, sans qu’on le leur demande.

Ce sont des émotions, des visages qui reviennent pour un temps, le temps d’un bien-être, d’une douceur envahissante. Continue reading →

Mamé AugustineAugustine, je l’ai jamais connue sous un autre nom que celui de Mamé.

Mamé est née en 1902, au début du siècle dernier, à Correjac, à quelques pas du village du Paven où elle passera la majeure partie de sa vie pour venir la finir à la fin du siècle dernier à Correjac.

Une voyageuse qui, à défaut d’avoir traversé les ruisseaux, les mers et les océans, a connu en près d’un siècle de vie, autant de violences et d’évolutions technologiques que n’en connurent beaucoup de grands aventuriers qui peuplent nos bibliothèques. Continue reading →

deuxi_viIls se disent  aujourd’hui que ça ne pourrait pas durer ; ou plutôt ils se taisent qu’ils n’arriveront jamais à s’aimer parce qu’ils ont  trop de raisons de le faire, alors ils savent sans se dire qu’il reste  beaucoup de chemin à défaire, qu’il est  maintenant  temps de le faire à l’envers.

Ils disent  qu’ils vont  prendre les mots par le mauvais coté, celui de la chute, celui qui finit l’histoire, jute placé avant le point final : remonter tous ces mots pour démonter le sens qu’ils donnaient à leurs émotions, leurs dits, leurs vus, leurs sentiments. Continue reading →

Cariña, je suis bien arrivé à la capitale, il y a beaucoup de monde dans cette ville, du bruit, de la fumée, ce n’est pas facile de s’habituer à tout ça, mais Pedro m’a bien accueilli et m’a payé un bon repas hier soir… Juanito, il y a bien longtemps que je n’ai pas eu de tes nouvelles. Je pense souvent à toi, tu me manques tu sais. Continue reading →

accordeonIl fait chaud comme en été dans cette rue de Vienne où les gens vont et viennent sans rien voir autour d’eux. Le trottoir, la rue, les gens, les boutiques, les chiens ou les oiseaux…Tout ici passe inaperçu tant la ville est frappée de grandeur.

D’immenses monuments témoignent d’un passé riche et abondé. La ville est fière, ses maisons  hautes font front à ses grandeurs passées.

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Avoir grandi dans un petit village rural, c’est aussi évoquer des souvenirs de chasse. j’ai bien dit « de chasse », et non d’équipées sauvages en voitures, le téléphone mobile vissé à l’oreille et les carabines à répétition calées contre le siège du 4×4 boueux qui massacre les chemins dans un vacarme assourdissant.

Maintenant, les braconniers que j’ai accompagnés dans les collines sont tous partis colleter les lapins dans les murailles de l’au delà. Ils ne craignent plus les gendarmes et les gardes-chasse qui les traquaient hier tendent aujourd’hui avec eux leurs filets dans les rivières argentées qui longent la voie lactée. Continue reading →

paysanIl y avait, dans un petit village de quelque part dans l’imaginaire de nos campagnes, un paysan pour qui rien n’allait jamais comme il fallait.

Ce n’étais pourtant pas faute de trouver des responsables de ses misères puisque à ses dires tout le monde se liguait contre lui pour lui faire la vie impossible. Continue reading →