Au clair des étoiles

Tu sais bien que si les étoiles sont éclairées, c’est pour que chacun puisse un jour retrouver la sienne, sinon ce serait de la lumière perdue.

Quand il est perdu, l’homme cherche une lumière, et si la lumière est perdue elle aussi, l’homme se perd encore plus et cherche toujours plus de lumières.

Donc, les étoiles brillent toujours pour quelqu’un, un marchand de savon, un conducteur de train ou un enfant aux cheveux clairs semés d’épis de blés.

Les étoiles ne sont pas jalouses, elles brillent pour tout le monde, même pour les enfants qui sont dans la lune.

Elles brillent aussi pour les poètes. Tu l’as connu toi ce poète de Charleville qui dansait en tendant des chaînes d’or d’étoiles à étoiles.

C’est ça aussi les étoiles, ça fait rêver les poètes et ça guide les cheminots. Un rêve sans étoiles est un rêve oublié, une voie sans  étoiles ne mène nulle part.

On n’est jamais seul quand on dort à la belle étoile, on ne marche jamais seul sur une voie la nuit, on promène son ombre à l’ombre des étoiles.

En fait, les étoiles dans le ciel, c’est un peu comme des lettres dans un livre, ça raconte l’histoire du monde.

Tu ne peux pas imaginer tout ce que nous racontent les étoiles, tu n’en croirais pas tes yeux, et pourtant il y a plus de choses à voir dans le ciel et sur la terre que dans tous les livres de philosophie.

Pour commencer, là il y a la grande ourse,  la plus connue de toutes les constellations. Les arabes disaient que c’est une caravane qui avance à l’horizon, une caravane qui vient du fond des temps. Pour les romains, ce sont des bœufs qui traînent une charrette.

On dit aussi que c’est le corps de la nymphe Callisto.

Tu vois les deux étoiles au cul de la grande ourse, on les appelle Dubhé et Mérak. Elles brillent beaucoup plus que les autres, mais c’est normal puisqu’elles sont la pour t’aider à trouver l’étoile polaire. Tu prends la distance qui les sépare l’une de l’autre, tu la multiplie par cinq en filant vers le Nord et tu tombes pile sur l’étoile polaire. Tu vois comme les étoiles sont utiles, elles t’apprennent même à faire des multiplications en années lumière.

La petite ourse, elle, traîne au bout de sa queue Polaris, l’étoile polaire. Elle te montre le pole nord céleste. C’est important de ne pas perdre le Nord, même la nuit.

En fait, depuis la nuit des temps, la terre tourne sur elle même comme une toupie et l’étoile polaire c’est un peu la queue de la toupie, c’est pour ça qu’on ne la voit jamais bouger.

Mais revenons ourses.

Ces histoires viennent d’une brouille entre Zeus et se femme Héra. Les dieux ressemblent aux femmes et aux hommes et sont incapables d’être fidèles.

Zeus avait trompé Héra avec la nymphe Callisto qui lui avait donné deux fils. Pour les soustraire à la colère de sa femme, Zeus transforma l’un d’eux en constellation après qu’Artémis lui ait décoché une flèche mortelle.

Callisto mourut à son tour et Hermès la transforma en Grande Ourse. Mais la colère d’Héra ne s’est pas arrêtée là et les deux ourses ont été condamnées à tourner autour du pole Nord sans jamais avoir le droit de se reposer sous la mer, c’est pour ça qu’on les voit toutes les nuits que dieu fait et qu’elles meurent de froid tout près du Pole Nord Céleste sans jamais pouvoir se réchauffer dans les eaux des océans.

Un peu plus bas, le dragon étire sa longue queue et sa tête à quatre étoiles. On dirait qu’il veut fouetter la petite ourse.

On raconte que celui là aurait attaqua Athéna pendant la guerre qui opposait les dieux de l’Olympe aux titans.

D’autres racontent que celui là, c’est le dragon qui gardait les pommes d’or du jardin des Hespérides. Il avait cent têtes et parlait cent langues en même temps, comme la pape à la place Saint-Pierre. Hercule les a toutes tranchées d’un seul coup d’épée et a envoyé le dragon dans les étoiles.

Il lui reste quand même une tête un moyen d’être compris dans cent langues différentes pour peu qu’il connaisse l’anglais.

D’ailleurs, hercule continue de surveiller sa victime, il est là tout près, à portée d’épée d’année lumière, et sa massue est juste en face des deux yeux du dragon.

Il est énorme, c’est la cinquième plus grande constellation de la voûte Céleste, ce qui n’a rien d’étonnant quand on connaît sa force et sa vaillance. On ne sait pas trop s’il est couché ou à genoux, mais il a bien le droit de se reposer.

Pour le repérer, il faut se fier à la constellation de la lyre et à son étoile la plus brillante : Véga. Peut-être que la lyre est là pour le bercer dans son sommeil.

A l’Ouest, il y a le bouvier qui ressemble à un grand cerf volant. C’est un homme  debout qui conduit les bœufs pour ensemencer la terre.

On dit que son frère était très riche et très avare et ne l’aidait pas dans ses travaux, alors pour se faciliter la tâche, il a inventé la charrue.

Pour le récompenser, Déméter, la déesse des moissons qui était aussi sa mère le fixa définitivement sur la voûte céleste.

C’est peut-être à cause de ces histoires de moissons que Ruth endormie près de Booz voyait dans le croissant de lune brillant au firmament une faucille d’or dans le champ des étoiles.

A suivre…

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