{"id":1282,"date":"2020-02-15T09:34:27","date_gmt":"2020-02-15T08:34:27","guid":{"rendered":"http:\/\/vivreetecrire.fr\/var\/www\/vhosts\/vivreetecrire.frhttpdocs\/wp\/wordpress\/?p=1282"},"modified":"2020-10-02T16:23:40","modified_gmt":"2020-10-02T15:23:40","slug":"jean","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/?p=1282","title":{"rendered":"Sur le chemin de Saint-Laurent"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\" http:\/\/www.vivreetecrire.fr\/pj\/balten.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1290 size-full\" title=\"La foire paysanne d'apr\u00e8s Pieter Balten. Cliquez pour agrandir\" src=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/balten_vi.jpg\" alt=\"balten_vi\" width=\"220\" height=\"156\" \/>J<\/a>ean Quintin n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi mal en point qu\u2019aujourd\u2019hui sur cette place de Saint-Laurent d&rsquo;Olt noire de monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le bruit, les gens qui vont et viennent, les animaux, les marchands, les affaire qui se font, l&rsquo;argent qui circule, qui se gagne et qui se perd tandis que la mis\u00e8re r\u00f4de comme un chien enrag\u00e9\u00a0 qui guette les mollets des paysans fatigu\u00e9s.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout devrait\u00a0 pourtant aller pour le mieux en ce jour de novembre de l&rsquo;an de gr\u00e2ce 1720. \u00ab<em>c&rsquo;est\u00a0 quand m\u00eame pas le temps qui me fait \u00e7a, on est encore \u00e0 la belle saison<\/em>\u00bb.\u00a0 Il fait beau, le soleil se repend sur la place comme un flot de lumi\u00e8re, et c&rsquo;est justement cette lumi\u00e8re que Jean a de plus en plus de mal \u00e0 supporter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce matin, il a rencontr\u00e9 cet homme qui venait de Marseille. Fatigu\u00e9, hirsute et v\u00eatu de hardes, l&rsquo;homme lui a c\u00e9d\u00e9 quelques effets tout \u00e0 fait convenables en comparaison de ceux qu&rsquo;il portait sur le dos. Jean n&rsquo;a pas pos\u00e9 de questions sur leur provenance, ce n&rsquo;est pas son habitude, et puis les choses iront d&rsquo;autant mieux que chacun s&rsquo;occupera de ce qui le regarde. Il a fait quelques affaires en vendant ses pi\u00e8ces de cadis foul\u00e9es \u00e0 la lumi\u00e8re des soir\u00e9es de printemps, il reviendra ce soir \u00e0 Correjac avec du linge en bon \u00e9tat, et cette jolie mante de laine qui prot\u00e8gera s<a href=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/?p=4321\">a femme Marguerite<\/a> des assauts de l&rsquo;hiver. Rien n&rsquo;est plus ordinaire, et en tout cas rien qui m\u00e8ne le besoin de se poser des questions inutiles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour sceller cette patche, les deux hommes ont partag\u00e9 quelques verres de vin \u00e0 l&rsquo;estaminet du coin en \u00e9changeant des nouvelles\u00a0 sur le temps, la route, les rues de Marseille infect\u00e9es de rats qui empoisonnent la vie de gens et le r\u00e9gent qui s&rsquo;en moque comme d&rsquo;une colique et qui ne pense qu&rsquo;\u00e0 ses f\u00eates la haut \u00e0 la cour de Versailles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1285 size-full\" src=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/peste.jpg\" alt=\"peste\" width=\"230\" height=\"173\" \/>Mais le mal qui le ronge aujourd\u2019hui, c&rsquo;est autre chose. Un mal venu d&rsquo;on ne sait o\u00f9. C&rsquo;est d&rsquo;abord des frissons, comme des milliers d&rsquo;insectes invisibles qui courent sur la peau. \u00ab\u00a0<em>c&rsquo;est pourtant pas le vin, ce ne sont pas quelques verres qui vont avoir raison de moi, je peux porter bien plus que \u00e7a et d&rsquo;habitude le vin me revigore<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a plus que des frissons, il y a ces douleurs dans les muscles des jambes, et m\u00eame s&rsquo;il est parti \u00e0 pointe de jour de Correjac, et ce ne sont pas trois lieues parcourues\u00a0 en moins de trois heures qui peuvent justifier cette fatigue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a par dessus tout \u00e7a\u00a0 le mal aux genoux et aux chevilles, la t\u00eate qui bouillonne comme une marmite et cette grande fatigue.\u00a0 Ce n&rsquo;est pas la premi\u00e8re fois que la fi\u00e8vre lui serre la t\u00eate, mais l\u00e0 il y a quelque chose de plus qui lui coupe les jambes et le force \u00e0 s&rsquo;allonger \u00e0 m\u00eame le sol, \u00e0 l&rsquo;angle de la place&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<em>C&rsquo;est \u00e7a, s&rsquo;allonger, se reposer, faire un somme pour reprendre des forces, laisser passer un peu de temps et le vin fera son effet pour chasser cette maudite fi\u00e8vre<\/em>\u00a0\u00bb .\u00a0 Les bruits de la\u00a0 foire sont de plus en plus lointains, les voix se perdent dans un m\u00e9lange invraisemblable de transes et de mots , des voix qui s&#8217;embrouillent, prennent des formes, fr\u00f4lent le feu de la fi\u00e8vre qui enflamme son corps. Des bruits qui tapent dans ses tempes comme l&rsquo;enclume du \u00ab\u00a0<em>fabrichou<\/em>\u00a0\u00bb quand il pr\u00e9pare les fers des labours de printemps. Tout s\u2019emm\u00eale et se m\u00eale dans la ti\u00e9deur de\u00a0 l&rsquo;apr\u00e8s-midi qui s&rsquo;\u00e9tire doucement sur la place engourdie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout prend maintenant des formes effrayantes, la croix qui flotte sur la maison blanche, les brebis qui se gonflent, le p\u00e8lerinage \u00e0 Nogaret qui glisse dans la boue, les pleurs de la Denise, et le petit Jules qui lui caresse la joue, doucement, longtemps. Cette pr\u00e9sence est rassurante, douce, apaisante, il ouvre les yeux ; une chienne qui lui l\u00e9chait la joue s&rsquo;\u00e9loigne de quelques pas . Il se souvient maintenant, l&rsquo;estaminet, les habits achet\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger de passage, et puis cette douleur, le mal aux genoux, la fi\u00e8vre.\u00a0 \u00ab\u00a0<em>je me sens un peu\u00a0 mieux, moins patraque, mais j&rsquo;ai du dormir plus de deux heures, le soleil perd de sa vigueur, il faut prendre le chemin du retour ; le temps n&rsquo;est pas \u00e0 se mettre \u00e0 la nuit et Marguerite risque de se faire du mauvais sang..<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pas question de s&rsquo;attarder et les trois lieues qui le s\u00e9parent de Correjac\u00a0 se pr\u00e9sentent comme \u00eatre un \u00e9preuve. \u00ab\u00a0<em>Alors comme \u00e7a tu es seule? tu es perdue? tes ma\u00eetres vont te chercher, s&rsquo;inqui\u00e9ter&#8230;mais ou veux-tu que je te m\u00e8ne, je ne connais m\u00eame pas ton nom&#8230;Tu as une bien belle robe, je crois que tu t&rsquo;appelles Fleurette.<\/em>\u00a0\u00bb Le jeune chienne qui lui l\u00e9chait la joue le suit depuis son d\u00e9part du champ de foire, et refuse obstin\u00e9ment de faire demi tour malgr\u00e9 ses gestes et ses cris.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/lot.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-1337\" src=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/lot.jpg\" alt=\"lot\" width=\"250\" height=\"170\" \/><\/a>Une brise l\u00e9g\u00e8re agite les piboules su la rive du Lot. Un vent bienvenu qui apaise un peu la fi\u00e8vre, juste assez pour se dire que \u00e7a va mieux. Un charretier hurle apr\u00e8s sa mule qui semble n&rsquo;en faire qu&rsquo;\u00e0 sa t\u00eate \u00ab\u00a0<em>c&rsquo;est le vent, ce vent d\u00e9range les b\u00eates, mais en attendant moi il me fait du bien, si ce n&rsquo;\u00e9tait pas cette douleur sur le haut de la cuisse.<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jean a toujours aim\u00e9 cette route qu&rsquo;il fait souvent, impatient d&rsquo;arriver pour d\u00e9baller sur la table de la maison les tr\u00e9sors achet\u00e9s \u00e0 la foire du matin; mais aujourd&rsquo;hui le chemin lui semble interminable. Le soleil qui joue \u00e0 cache cache avec la cime des peupliers lui fatigue les yeux et r\u00e9veille ses douleurs \u00e0 la t\u00eate. \u00ab\u00a0<em>Allez, courage, un peu d&rsquo;aigua bulia avec un ail et un quignon de pain, et au lit sous l&rsquo;\u00e9dredon! Avec l&rsquo;aide de la sainte vierge, demain tout ira mieux. Dieu merci, mon temps n&rsquo;est pas venu<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-1336\" src=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/fedes.jpg\" alt=\"fedes\" width=\"250\" height=\"170\" \/>Un berger rassemble son troupeau dans la prairie sur l&rsquo;autre rive \u00ab\u00a0<em>dix-sept brebis, un joli petit troupeau, et toi Fleurette, dis moi ; tu sais les garder les f\u00e8des?<\/em> \u00a0\u00bb Fleurette ne dit rien, elle suit son chemin, indiff\u00e9rente au jappement du chien du berger troubl\u00e9 par son passage. En compagne fid\u00e8le, elle a choisi son camp, s&rsquo;est donn\u00e9 un nouveau ma\u00eetre ;\u00a0 elle suit Jean sur le chemin de Saint-Laurent, tout simplement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le soir tombe doucement voila le village de Pratnau, \u00ab\u00a0<em>la moiti\u00e9 du chemin est faite<\/em>\u00a0\u00bb Jean a les jambes lourdes, sa douleur dans l&rsquo;aine le lance de plus en plus souvent, comme des coups de marteau qui font \u00e9cho aux battements de ses tempes malmen\u00e9es par la fi\u00e8vre. S&rsquo;assoir quelque temps adoss\u00e9 \u00e0 un arbre pour oublier cette brulure, reprendre des forces et continuer d&rsquo;avancer vers la croisement de la Mothe et se remettre en route.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<em>\u00c7a n&rsquo;a pas l&rsquo;ai d&rsquo;aller fort mon ami, tu sembles bien fatigu\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb Un sabotier de Banassac revient lui aussi de la foire et propose de l&rsquo;accompagner jusqu&rsquo;au croisement de la Mothe \u00ab\u00a0<em>Ne vous mettez pas en retard pour moi, j&rsquo;avance \u00e0 mon aise<\/em>\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0<em>Pensez vous, j&rsquo;ai personne qui m&rsquo;attend \u00e0 la maison et pas de f\u00e8des qui biagent, \u00e7a fait toujours plaisir de faire un brin de causette avec un presque voisin&#8230;Apr\u00e8s, pour Correjac, vous montez par les vignes de la Canourgue ou le chemin de Montferrand?<\/em>\u00a0 \u00a0\u00bb \u00ab\u00a0<em>Oui, c&rsquo;est \u00e7a, et apr\u00e8s je coupe par le Roucat, la Roquette et ouste, \u00e0 la maison, mais je peux tout aussi bien croiser par Booz et les vignes de Correjac. Le Lot se passe \u00e0 gu\u00e9 en cette saison &#8230;\u00a0\u00bb<br \/>\n<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/montferrand.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1339 size-full\" title=\"Le chateau de Montperrand (Wikipedia)\" src=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/05\/montferrand.jpg\" alt=\"montferrand\" width=\"250\" height=\"170\" \/><\/a>Le temps passe, le sabotier a bifurqu\u00e9 \u00e0 Banassac, Jean trouve la c\u00f4te de Montferrand\u00a0 bien plus dure \u00e0 monter que d&rsquo;habitude. \u00ab\u00a0<em>Encore un petit effort<\/em>\u00a0\u00bb Fleurette s&rsquo;est \u00e9loign\u00e9e de quelques pas et soudain pousse trois petits glapissements ; un li\u00e8vre d\u00e9boule du fourr\u00e9 et file comme un \u00e9clair sur le chemin de la roquette. \u00ab\u00a0<em>Laisse Fleurette il est plus leste que nous, il sera \u00e0 l&rsquo;Ajuel avant nous<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin la combe et le village la bas, avec ses quelques chemin\u00e9es qui fument pour cuire la soupe du soir et la couirasse des cochons. La fatigue, la t\u00eate, cette br\u00fblure dans l&rsquo;aine; Jean traverses le village, descend le petit chemin vers le courtiagas sans porter attention \u00e0 ses deux petits qui jouent la bas, pr\u00e8s du hangar o\u00f9 s&rsquo;entassent les fagots de fr\u00eane , monte difficilement\u00a0 les marches de l&rsquo;escalier de pierre et pousse un soupir de soulagement en jetant son balluchon sur la table avant de s&rsquo;allonger dans l\u2019alc\u00f4ve, sur le lit qui l&rsquo;a vu na\u00eetre, \u00e0 vu na\u00eetre sa m\u00e8re et sa grand-m\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/la-peste.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-4745\" title=\"Cette maison \u00e9tait peut-\u00eatre celle de jean et Marguerite\" src=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/la-peste-300x197.jpg\" alt=\"\" width=\"273\" height=\"179\" srcset=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/la-peste-300x197.jpg 300w, https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/la-peste-768x504.jpg 768w, https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/la-peste-500x328.jpg 500w, https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/la-peste.jpg 886w\" sizes=\"auto, (max-width: 273px) 100vw, 273px\" \/><\/a>La mamette, justement la voila avec sa canne et son sourire \u00e9dent\u00e9, la voila qui danse autour d&rsquo;un feu avec des soldats en guenilles, la voila qui lui crie apr\u00e8s parce qu\u2019il ne l&rsquo;a pas prot\u00e9g\u00e9e du feu, la voila qui se jette dans la fontaine en chantant l&rsquo;Av\u00e9 Maria.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle le prend par les \u00e9paules, le secoue : \u00ab\u00a0<em>Mon dieu, mais qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il t&rsquo;arrive? Tu n&rsquo;as m\u00eame pas mang\u00e9 et maintenant tu appelles ta grand-m\u00e8re? Tu m&rsquo;inqui\u00e8tes, tu as du prendre froid et la fi\u00e8vre te fait d\u00e9parler<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0 Marguerite lui \u00e9ponge le front avec un chiffon humide qui apaise quelque peu le feu de la fi\u00e8vre. Sa chemise est tremp\u00e9e et\u00a0 il y a cette cette douleur qui s&rsquo;amplifie dans l&rsquo;aine et qui le lance comme des pointes de feu. Deux ganglions enflamm\u00e9s qui poussent dans le pli de sa cuisse <em>\u00ab\u00a0quelque araign\u00e9e qui m&rsquo;aura mordu,\u00a0 demain, en passant \u00e0 La Canourgue pour rendre sa cape \u00e0 mon cousin , j&rsquo;irai voir le chirurgien qu&rsquo;il y fasse quelque chose et me donne quelque potion dont il a le secret pour \u00e9teindre ce feu qui br\u00fble en moi\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le soir s&rsquo;\u00e9tire et se fond dans la nuit. Jean se revoit soldat, puis sacristain, puis enfant de ch\u0153ur dans une \u00e9glise en feu. L&rsquo;air se fait rare, acre, il br\u00fble les poumons comme un retour de four.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>La<\/em> mamette s&rsquo;en va vers le puits du jardin sous la fontaine, elle n&rsquo;entend rien, elle ne voit rien, elle avance droit devant et s&rsquo;enfonce dans la nuit.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean Quintin n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi mal en point qu\u2019aujourd\u2019hui sur cette place de Saint-Laurent d&rsquo;Olt noire de monde. Le bruit, les gens qui vont et viennent, les animaux, les marchands, les affaire qui se font, l&rsquo;argent qui circule, qui se gagne et qui se perd tandis que la mis\u00e8re r\u00f4de comme un chien enrag\u00e9\u00a0 &hellip; <a href=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/?p=1282\">Lire la suite &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-1282","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la-peste"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1282","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1282"}],"version-history":[{"count":67,"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1282\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4746,"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1282\/revisions\/4746"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1282"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1282"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1282"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}