{"id":1370,"date":"2014-06-10T09:05:30","date_gmt":"2014-06-10T08:05:30","guid":{"rendered":"http:\/\/vivreetecrire.fr\/var\/www\/vhosts\/vivreetecrire.frhttpdocs\/wp\/wordpress\/?p=1370"},"modified":"2024-06-24T21:06:24","modified_gmt":"2024-06-24T20:06:24","slug":"welcome-to-paradise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/?p=1370","title":{"rendered":"Welcome to paradise!"},"content":{"rendered":"<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/sirene.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" title=\"La petite sir\u00e8ne\" src=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/sirene-203x300.jpg\" alt=\" \" width=\"203\" height=\"300\" \/><\/a>C&rsquo;est \u00e9crit en grand \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Copenhague, \u00ab\u00a0<em>Soyez les bienvenus au pays du bonheur\u00a0\u00bb<\/em> ; alors pourquoi ne pas le croire?<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourtant, dans ce pays de cocagne, la premi\u00e8re femme qui nous adresse la parole est assise sur le trottoir, ses pieds nus ont quelque chose de plus que le tableau de Ribera\u00a0 au mus\u00e9e du Prado. Le jour ou le sculpteur la faisait toute vivante, il a du pleuvoir, la terre a peut-\u00eatre gliss\u00e9, o\u00f9 l&rsquo;artiste \u00e9tait un\u00a0 intermittent du faire fatigu\u00e9 comme un ventre de m\u00e8re\u00a0 maltrait\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bref il a manqu\u00e9 quelque chose sur l&rsquo;ensemble de l\u2019\u0153uvre pour donner \u00e0 cette femme le droit de marcher. Sa voix est sourde, sourde comme la glaise qui a manqu\u00e9 pour finir de lui donner des pieds.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img decoding=\"async\" title=\"Read More...\" src=\"data:image\/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAAAAAP\/\/\/yH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAIBRAA7\" alt=\"\" data-wp-more=\"\" data-mce-placeholder=\"1\" \/>Elle tend ce que la mis\u00e8re lui laisse intact, une main vers les passants pour demander une pi\u00e8ce de monnaie tandis que les gazelles danoises arpentent le trottoir de leurs jambes cisel\u00e9s dans le marbre le plus pur et se pressent sac Benneton \u00e0 la main vers des lieux d&rsquo;abondance o\u00f9 les hommes regarderont ces compas inaccessibles s&rsquo;ouvrir sur le monde et le mettre \u00e0 leur mesure. La beaut\u00e9 est comme la mis\u00e8re, elle se paye cher&#8230;.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">And I say to myself, \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/youtu.be\/VqhCQZaH4Vs?si=-jZHrJQdaImL2s1a\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><em>whtat a wondeffull world<\/em><\/a>\u00ab\u00a0<\/p>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un homme passe, h\u00e9b\u00e9t\u00e9 avec sa maison de papiers plastiques multicolores pos\u00e9s sur un chariot vol\u00e9 au supermarch\u00e9, il n&rsquo;a que \u00e7a, c&rsquo;est son chez lui, sa maison du monde. Il la pousse, il la tire, s&rsquo;appuie sur ses murs de grillage de chariot fatigu\u00e9 quand il en a trop fait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il marche droit devant, vers un espace imaginaire, comme un Figaro des limbes qui arpente un terrain vague pour y poser la maison de ses r\u00eaves, la maison qu&rsquo;il n&rsquo;aura pas, car ici la mis\u00e8re est hors de prix, alors m\u00eame les pauvres ne peuvent pas se la payer. Ils ont juste de quoi penser que les v\u00e9los qui les fr\u00f4lent doivent couter bien plus que cinquante\u00a0 maisons comme les leurs, c&rsquo;est peut-\u00eatre \u00e7a le prix de leur mis\u00e8re.<\/p>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et voila un jeune gar\u00e7on avec un chien aupr\u00e8s de son\u00a0 pied gauche et un chapeau tout pr\u00e8s du pied droit. Il tourne le dos \u00e0 la rue, il est hagard, il est bl\u00eame, il ne dit rien, ses pieds l\u2019embarrassent alors il donne un coup de pied au chien, puis un coup de pied au chapeau, puis de nouveau un coup de pied au chien. Il tape sur le monde des chiens et des chapeaux comme d&rsquo;autres sur des peaux de b\u00eates, en se disant que de toute fa\u00e7on, les hommes sont des peaux de vaches et les chiens peuvent \u00eatre aussi vaches que des hommes, et que sans les chiens, les hommes ne seraient jamais capables de garder les vaches.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il se dit \u00e7a en regardant s&rsquo;effacer dans le lointain les reins ondulants d&rsquo;une femme press\u00e9e. Il pense a rien, se dit que le bonheur \u00e7a pourrait \u00eatre \u00e7a, un souffle furtif qui se niche en bas des reins pour quelque temps, avant que l&rsquo;ennui ne reprenne sa routine de malheur.<\/p>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a cet autre vieux avec une peau de nounours sur la t\u00eate qui siffle dans un vieux pipo toujours la m\u00eame note, comme une plainte, ou plut\u00f4t comme un petit cri de la douleur qui\u00a0 engourdit ses vielles mains tremblantes, il ne joue rien, il siffle \u00e0 bout de souffle comme un fifre qui s\u2019essouffle. Il a chaud- tellement chaud -sous cette peluche ridicule, que son sifflet a le son d&rsquo;une vieille bouillotte oubli\u00e9e sur le foyer perc\u00e9\u00a0 de la mis\u00e8re. Il souffle sur le feu qui envahit ses mains tremblantes et son souffle essouffl\u00e9 butte contre celui du vent qui emporte l&rsquo;air qu&rsquo;il ne jouera jamais dans les courants de l&rsquo;inutile.<\/p>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1388 size-full\" title=\"Merci \u00e0 Baroudeurs info\" src=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/caneaux.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"167\" \/>Il y a cet homme au coin de la place qui tape de toutes ses forces sur un couvercle de poubelle. Il tape fort, les yeux grands ouverts. Il r\u00eave, r\u00eave que tout va bien, r\u00eave qu&rsquo;il est ce soir percussion \u00e0 Trinidad, et que la femme \u00e9dent\u00e9e qui grommelle dans son dos ondule sur le sable chaud comme le serpent de Baudelaire, celui qui danse au bout d&rsquo;un b\u00e2ton.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ses cheveux ondul\u00e9s ont des reflets de nuit sans lune, sa peau impr\u00e9gn\u00e9e des parfums les plus rares promet d&rsquo;interminables moments de d\u00e9lices, son buste se tend comme une offrande \u00e0 l&rsquo;oc\u00e9an&#8230; Mais un bout de ferraille d\u00e9passe du couvercle, l&rsquo;homme se r\u00e9veille et crie comme une b\u00eate, le couvercle l&rsquo;a mordu comme la mis\u00e8re mord les mollets des pauvres, bien fait pour lui, \u00e7a devait arriver, il n&rsquo;\u00e9tait pas l\u00e0 pour r\u00eaver&#8230;Les percussions de Trinidad se sont veng\u00e9es de l&rsquo;imposteur des songes.<\/p>\n<p>Et puis il y a ce violoniste un peu plus loin qui joue doucement des airs qu&rsquo;il a appris de son p\u00e8re qui \u00e9tait aussi pauvre que son grand-p\u00e8re. il joue des airs tristes, qui foutent le cafard au monde, mais il ne sait jouer que \u00e7a, il ne sait jouer que ce qu&rsquo;il vit, ce qu&rsquo;il voit, ce qu&rsquo;il ressent. Les cordes de son violon vibrent et pleurent comme les boyaux du chat dont on les a tir\u00e9s alors qu&rsquo;il bougeait encore.<\/p>\n<p>Et puis il y a cet autre, cette autre, et ces autres. Tous ces gens qui \u00e9talent leur mis\u00e8re au pays du Bonheur. Ici, ce sont les riches qui se font plut\u00f4t discrets ; Peut-\u00eatre se disent-ils tout simplement que le bonheur c&rsquo;est pas grand chose, juste un peu de malheur qui se repose.<\/p>\n<p>Il est tard, je rentre. Une femme aux cheveux couleur des bl\u00e9s marche devant nous, sa main chaloupe et ondule comme une musique qui s&rsquo;\u00e9tire sur la port\u00e9e de la vie. Ses reins balancent dans la fraicheur du soir comme un saule qui s&rsquo;apaise. Ce soir, elle \u00e9talera ses jambes interminables dans des draps d\u00e9licatement parfum\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/vivreetecrire.fr\/images\/copenhague.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1418 size-full\" title=\"cliquez pour agrandir l'image\" src=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/copenhague_small.jpg\" alt=\"\" width=\"250\" height=\"175\" \/><\/a>La femme aux pieds difformes se trainera jusqu&rsquo;au seuil de la gare, l&rsquo;homme escargot garera sa maison de sup\u00e9rette sous un porche, le gar\u00e7on donnera un dernier coup de pied au chien et mettra son chapeau sous le bras, ou peut-\u00eatre le contraire suivant le n\u00e9cessaire \u00e9quilibre des coups de pieds \u00e0 donner au cul de l&rsquo;un ou de l&rsquo;autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le vieux crachera pour soulager ses l\u00e8vres martyris\u00e9es par le bec du pipeau, le percussionniste de l&rsquo;inutile l\u00e8chera une derni\u00e8re fois l&rsquo;\u00e9toile de sang qui scintille sur sa main d\u00e9chir\u00e9e, et le violoniste se demandera pourquoi les gens le regardent sans le voir quand il joue en pleurant j&rsquo;attendrai toujours ton retour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-1405 size-full\" title=\"Photo Wikipedia\" src=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/Tivoligardens1.jpg\" alt=\"Tivoligardens1\" width=\"220\" height=\"147\" \/>La nuit danoise \u00e9tend doucement son royaume sur ces sujets d&rsquo;infortune. Un peu plus loin, les <a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jardins_de_Tivoli\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">man\u00e8ges du Tivoli\u00a0<\/a>r\u00e9sonnent des cris d&rsquo;une jeunesse qui cherche \u00e0 se faire peur. Le temps est venu pour moi de rentrer, mais avant je veux relire consciencieusement cette \u00e9tude sur le pays du bonheur car je me dis qu&rsquo;il y a quelque chose qui cloche quelque part dans le monde des chercheurs&#8230;<\/p>\n<p>Copenhague, 10 juin 2014<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;est \u00e9crit en grand \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Copenhague, \u00ab\u00a0Soyez les bienvenus au pays du bonheur\u00a0\u00bb ; alors pourquoi ne pas le croire? Pourtant, dans ce pays de cocagne, la premi\u00e8re femme qui nous adresse la parole est assise sur le trottoir, ses pieds nus ont quelque chose de plus que le tableau de Ribera\u00a0 au &hellip; <a href=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/?p=1370\">Lire la suite &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-1370","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-cest-la-vie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1370","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1370"}],"version-history":[{"count":60,"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1370\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5451,"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1370\/revisions\/5451"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1370"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1370"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1370"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}