{"id":5351,"date":"2024-02-24T08:21:00","date_gmt":"2024-02-24T07:21:00","guid":{"rendered":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/?p=5351"},"modified":"2024-02-24T08:30:47","modified_gmt":"2024-02-24T07:30:47","slug":"il-est-midi-en-europe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/?p=5351","title":{"rendered":"Il est midi en Europe"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/migrant.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2575\" title=\"A Ouarzazate, sur le mur o\u00f9 \u00e9tait acoud\u00e9 Lawrence d'Arabie\" src=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/migrant-300x273.jpg\" alt=\"\" width=\"251\" height=\"228\" srcset=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/migrant-300x273.jpg 300w, https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/migrant.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 251px) 100vw, 251px\" \/><\/a>J&rsquo;ai \u00e9crit cet article en 2013, \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;une conf\u00e9rence \u00e0 deux voix avec <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Philippe_Busquin\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Philippe Busquin<\/a>, il pointe les germes de\u00a0 la d\u00e9r\u00e9gulation eu Europe et l&rsquo;abandon des plus fragiles.<\/p>\n<p>Il est midi \u00e0 <strong>Berlin<\/strong>, le soleil plombe sur Kaiserdamm Bismark street. Pour \u00c9va, ce soleil n&rsquo;a rien de bon, pas plus que les oiseaux qui emplissent de leurs chants les arbustes de l&rsquo;all\u00e9e. Ici comme ailleurs, les jours de deuil sont toujours trop bruyants pour ceux qui pleurent un \u00eatre aim\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c9va se souvient de ce temps b\u00e9ni o\u00f9 son p\u00e8re la tenait par la main pour descendre cette avenue, ce p\u00e8re tant aim\u00e9 qui lui racontait souvent que le 9 mai 1950, le jour de sa naissance, Robert Schumann, un fran\u00e7ais au nom allemand, avait prononc\u00e9 un discours qui allait r\u00e9unir tous les europ\u00e9ens autour d&rsquo;un objectif de paix et de prosp\u00e9rit\u00e9.<!--more--><\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, le charbon et l&rsquo;acier ne lient plus entre eux les femmes et les hommes du continent, les hauts fourneaux n&#8217;emplissent plus que quelques vall\u00e9es de leurs fum\u00e9es tenaces, les poulies des puits tournent au ralenti pour nourrir l&rsquo;illusion que le charbon peut \u00eatre une alternative au nucl\u00e9aire, les fanfares se sont tues et les multinationales de l&rsquo;\u00e9nergie f\u00eatent en silence les autorisations d&rsquo;exploiter les gaz de schistes y compris par fragmentation&#8230;<\/p>\n<p>\u00c9va passe tout pr\u00e8s d&rsquo;un des derniers Kiosque \u00e0 journaux de la ville, son regard se perd dans le fatras des encres et des couleurs, et s&rsquo;arr\u00eate sur un titre du Der Spiegle \u00ab un europ\u00e9en sur dix est priv\u00e9 d&#8217;emploi \u00bb. \u00ab Vingt-six millions d&rsquo;hommes et de femmes qui se l\u00e8vent tous les matins sans savoir de quoi sera faite la journ\u00e9e du lendemain\u00bb se dit \u00c9va \u00ab Vater n&rsquo;aurait pas aim\u00e9 voir \u00e7a&#8230; \u00bb<\/p>\n<p>Il est midi \u00e0 <strong>Vienne<\/strong>, il pleut comme un jour de pluie malvenue, mais la pluie est-elle la bienvenue dans ce pays? Les fa\u00e7ades du la rue Maria Theresen strasse grisaillent sous les gouttes de l&rsquo;ennui. Karl d\u00e9teste ce temps qui ne dit rien qui vaille. Son regard se perd sur le trottoir d&rsquo;en face, une fleuriste, un libraire et le vitrine du marchand de t\u00e9l\u00e9visions.<\/p>\n<p>Dix sept \u00e9crans relaient en boucle le discours du chef du parti d\u2019extr\u00eame droite. Il parle d&rsquo;autrichiens de souche, d&rsquo;\u00e9meutes ethniques \u00e0 venir, de cartes sp\u00e9ciales que l&rsquo;on devrait imposer aux \u00e9trangers et sur lesquelles seraient recens\u00e9s leurs d\u00e9lits, de gens qu&rsquo;il faudrait renvoyer d&rsquo;o\u00f9 ils viennent.<\/p>\n<p>C&rsquo;est la fin du discours, l&rsquo;orateur se f\u00e9licite de la force qui monte dans son pays : \u00ab Aux l\u00e9gislatives de 2008, un jeune sur deux a vot\u00e9 pour l\u2019extr\u00eame droite. Chez les moins de 40 ans, nous sommes de loin le premier parti, Eh oui, l\u2019avenir est ici et il faudra compter avec nous\u00bb. Une publicit\u00e9 pour une assurance d\u00e9c\u00e8s rajoute une couche de morosit\u00e9 \u00e0 cette mascarade populiste.<\/p>\n<p>Karl passe son chemin, longe le trottoir et fr\u00e9mit en regardant les des caves solidement prot\u00e9g\u00e9s par des barres de fer forg\u00e9, ces caves dont on dit qu&rsquo;il n&rsquo;est pas rare qu&rsquo;elles abritent des regards un portrait du F\u00fchrer.<\/p>\n<p>Karl presse le pas vers l&rsquo;universit\u00e9, Franz vient de l&rsquo;appeler pour lui dire que la nuit derni\u00e8re, un groupe de militants a saccag\u00e9 le petit local de leur syndicat de l&rsquo;union des \u00e9tudiants d&rsquo;Europe. Karl se souvient de cette phrase de son p\u00e8re \u00ab Ici, tout est symbole \u00bb Il sait combien ce geste est un signal fort envoy\u00e9 \u00e0 49 organisations nationales \u00e9tudiantes de 38 pays d&rsquo;Europe et aux 11 millions d&rsquo;\u00e9tudiants qu&rsquo;elles repr\u00e9sentent.<\/p>\n<p>Il est midi \u00e0 <strong>Ath\u00e8nes<\/strong>. De sa fen\u00eatre, Nikos apaise son ennui en regardant les ruines de l&rsquo;acropole briller sous le soleil.<\/p>\n<p>Son regard s&rsquo;attarde sur l&rsquo;Agora et le Th\u00e9s\u00e9ion. \u00ab Ils ne nous ont pas encore demand\u00e9 de les vendre \u00bb.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la douleur qui ronge son ventre, Nikos se dit que c&rsquo;est d&rsquo;ici qu&rsquo;est partie l&rsquo;\u00e9tincelle de la pens\u00e9e critique qui a \u00e9clair\u00e9 le monde occidental pendant deux mill\u00e9naires&#8230;<\/p>\n<p>\u00c9clair\u00e9&#8230;Nikos a de plus en plus de mal \u00e0 y croire, et pourtant ces vingt-cinq ann\u00e9es d&rsquo;enseignement de la philosophie ont \u00e9t\u00e9 pour lui une mission plus qu&rsquo;un m\u00e9tier. \u00ab les hommes ne savent plus voir autre chose que ce qu&rsquo;on veut bien leur montrer, comme dans la caverne de Platon \u00bb.<\/p>\n<p>Nikos pense \u00e0 Diog\u00e8ne, et \u00e0 sa vie de mis\u00e8re \u00ab Pour lui, c&rsquo;\u00e9tait un choix, pour moi, c&rsquo;est une cons\u00e9quence&#8230; \u00bb. Que peut apporter un midi quand il n&rsquo;ouvre plus rien d&rsquo;autre que le chantier de la souffrance. Le syst\u00e8me de sant\u00e9 publique est par terre, les produits n\u00e9cessaires pour soigner le mal qui le ronge sont fabriqu\u00e9s en Allemagne et le fournisseur a d\u00e9cid\u00e9 de stopper ses livraisons vers un pays exsangue qui n&rsquo;a plus en commun avec ses partenaires qu&rsquo;un monnaie pour rembourser des dettes.<br \/>\nPas de quoi se consoler, mais Nikos se souvient que la Monnaie \u00e9tait un b\u00e2timent de l&rsquo;Agora d&rsquo;Ath\u00e8nes aujourd\u2019hui disparu du regard des habitants, seules les dettes sont rest\u00e9es&#8230;<\/p>\n<p>Nikos se demande qui est vraiment malade, il se souvient de ce que disait Socrate : \u00ab Et ne crois-tu pas que cette bonne sant\u00e9 puisse n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;une apparence, sans rien de r\u00e9el ? Je vais te donner un exemple : il y a bien des gens qui ont l&rsquo;air d&rsquo; \u00eatre en bonne sant\u00e9, et on aurait du mal \u00e0 comprendre qu&rsquo;ils sont en fait en fort mauvais \u00e9tat si on n&rsquo;\u00e9tait soi-m\u00eame ma\u00eetre de gymnastique ou m\u00e9decin\u00bb Et si c&rsquo;\u00e9taient ceux qui portent des jugements sur la sant\u00e9 des autres qui \u00e9taient les plus malades&#8230;<\/p>\n<p>Il est midi \u00e0 <strong>Varsovie<\/strong>, Danuta suit le chemin que suivent tous les dimanches 58 % des polonais, la route du retour de l&rsquo;office dominical. Ici, l&rsquo;\u00e9glise a pris de plus en plus d&rsquo;influence apr\u00e8s la chute du communisme. Impossible de d\u00e9placer une croix sans d\u00e9clencher une \u00e9meute.<\/p>\n<p>Danuta a entendu hier soir sur TOK FM la philosophe polonaise Halina Bortnowska d\u00e9clarer \u00ab un \u00e9tat moderne doit \u00eatre un \u00e9tat la\u00efque, car seul la la\u00efcit\u00e9 cr\u00e9e les conditions n\u00e9cessaire \u00e0 la coexistence de la pluralit\u00e9 des points de vue,<br \/>\nmais la la\u00efcit\u00e9 ne saurait \u00eatre confondue avec la la\u00efcisation, entendue comme une tentative d\u2019effacer la pr\u00e9sence de la religion comme ont pu le faire les pouvoirs communistes \u00bb.<\/p>\n<p>Douter n&rsquo;est pas tr\u00e8s catholique, ici le dogme fait foi&#8230;Pourtant Danuta reste convaincue que la la\u00efcit\u00e9 est le principal outil qui permet aux femmes de s\u2019\u00e9manciper du pouvoir des structures patriarcales des religions monoth\u00e9istes, c&rsquo;est du moins le sujet d&rsquo;un d\u00e9bat en travaux dirig\u00e9s \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9, mais l\u00e0 encore rien n&rsquo;est gagn\u00e9.<\/p>\n<p>Ici, l&rsquo;\u00e9glise peut faire limoger un ministre quand elle le veut, et les pouvoirs publics mettent de plus en plus d&rsquo;entraves \u00e0 l&rsquo;avortement, m\u00eame lorsque la vie de la m\u00e8re est en danger&#8230;L&rsquo;\u00e9glise avait d&rsquo;ailleurs menac\u00e9 d&rsquo;amener les chr\u00e9tiens \u00e0 se prononcer contre l&rsquo;adh\u00e9sion de la Pologne \u00e0 l&rsquo;Europe si l&rsquo;avortement \u00e9tait autoris\u00e9 dans le pays. Dans les rues de Varsovie, il y a quelques mois, des affiches g\u00e9antes comparaient l&rsquo;avortement aux massacres commis par les nazis \u00e0 Auschwitz.<\/p>\n<p>C&rsquo;est la deuxi\u00e8me fois en quelques ann\u00e9es que la Pologne est sanctionn\u00e9e par la Cour Europ\u00e9enne des Droits de l&rsquo;Homme pour des faits li\u00e9s \u00e0 la mauvaise application de sa loi sur l&rsquo;avortement. Aux derni\u00e8res l\u00e9gislatives, les militants de la droite la plus radicale ont sillon\u00e9 le pays en d\u00e9livrant aux candidats les plus hostiles \u00e0 l&rsquo;avortement \u00abun certificat de candidat favorable \u00e0 la famille et \u00e0 la vie\u00bb, ce qui revient \u00e0 donner une consigne de vote aux croyants.<\/p>\n<p>Danuta passe son chemin, le ventre tendu par huit mois de grossesse et le c\u0153ur ensoleill\u00e9 par les coups de pieds re\u00e7us de temps en temps dans son ventre forteresse ; son petit est vivant, Dieu mer\u00e7i.<\/p>\n<p>Il est midi \u00e0<strong> Londres<\/strong> ce mercredi 17 avril. La bas, derri\u00e8res les murs herm\u00e9tiques de la City, les traders font grise mine pour un temps. Ici les nouvelles vont et viennent et les humeurs changent au rythme du Financial Times Stock Exchange, mais ce midi n&rsquo;ouvre pas la carri\u00e8re d&rsquo;un apr\u00e8s-midi comme les autres ; aujourd&rsquo;hui est pour eux un jour de deuil ; on porte en terre la dame de fer.<\/p>\n<p>Bobby n&rsquo;a que 32 ans, et pourtant il y a trois jours, il \u00e9tait \u00e0 Trafalgar Square pour f\u00eater la mort d&rsquo;une \u00ab vampire suceuse de sang qui a vid\u00e9 l&rsquo;Europe de son sens. \u00bb<\/p>\n<p>Trente deux ans, un bien triste anniversaire que celui du bras de fer inhumain gagn\u00e9 par la dame de fer au d\u00e9triment des gr\u00e9vistes de la faim irlandais : dix morts pour r\u00e9tablir la grandeur de l&rsquo;Angleterre, dont un d\u00e9put\u00e9.<\/p>\n<p>Bobby n&rsquo;en peut plus de vivre les scories de cette \u00e8re qu&rsquo;il n&rsquo;a pas connue. Onze ans d&rsquo;un pouvoir sans concessions, des syndicats \u00e0 terre, des familles de mineurs exsangues, une guerre pour quelques rochers et une reconqu\u00eate de prestige, le culte de l&rsquo;individu et son opposition au groupe, le mythe de l&rsquo;\u00e9tat providence \u00e0 terre, la n\u00e9gation du collectif : There is not alternative !<\/p>\n<p>Bobby sait qu&rsquo;en 1979, deux ans avant sa naissance, Maggy a lanc\u00e9 cette terrible mal\u00e9diction \u00ab I want my money back\u00bb, la phrase qui tue, la phrase qui a mis l&rsquo;Europe \u00e0 genoux, \u00e9teint le lanterne des solidarit\u00e9s, ruin\u00e9 les esp\u00e9rances d&rsquo;une harmonie sociale, politique et fiscale.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, trente quatre ans apr\u00e8s, l&rsquo;Angleterre ne s&rsquo;est pas remise de ce virage au frein \u00e0 main. Il y a quelques jours, le pr\u00e9sident Baroso a d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab\u00a0On se souviendra d&rsquo;elle pour \u00e0 la fois ses contributions et ses r\u00e9serves vis-\u00e0-vis de notre projet commun\u00a0\u00bb . La dame de fer a tourn\u00e9 le dos \u00e0 l&rsquo;Europe, les anglais aussi.<\/p>\n<p>Tout \u00e0 l&rsquo;heure, pr\u00e8s de la cath\u00e9drale Saint-Paul, en m\u00e9moire de Bobby Sants et de toutes les victimes des violences de la politique ultralib\u00e9rale de la dame de fer qui mena une lutte f\u00e9roce contre les communaut\u00e9s ouvri\u00e8res, Bobby, le fils de mineur du Lancashire, tournera pour la premi\u00e8re fois de sa vie le dos \u00e0 un cerceuil.<\/p>\n<p>Il est midi \u00e0 <strong>Bruxelles<\/strong>, la ville d&rsquo;o\u00f9 tout vient, la ville ou tout revient, la ville qu&rsquo;on voudrait tous oublier tant on l&rsquo;accuse de mille maux&#8230;<\/p>\n<p>Cette ville omnipr\u00e9sente et omnicoupable dans les discours des hommes politiques qui la prennent comme bouclier pour abriter leurs l\u00e2chet\u00e9s.<\/p>\n<p>Midi, ici on commence \u00e0 travailler quand le soleil est au z\u00e9nith, \u00e0 l&rsquo;heure des repas.<br \/>\nGatien sait qu&rsquo; aujourd&rsquo;hui il n&rsquo;aura que vingt minutes pour d\u00e9velopper autour d&rsquo;un d\u00e9jeuner d&rsquo;affaires ses arguments et peser sur l&rsquo;\u00e9criture du livre blanc sur les pesticides et autres herbicides que des illumin\u00e9s d&rsquo;\u00e9cologistes essayent de faire interdire sur le territoire de l&rsquo;Union.<\/p>\n<p>Gatien le sait, comme son fr\u00e8re jumeau qui d\u00e9ploie des tr\u00e9sors de conviction au sein d&rsquo;une \u00e9quipe de quinze coll\u00e8gues convaincus \u00e0 la cause des OGM sauveuses de l&rsquo;humanit\u00e9. Dix sept mille lobbyistes \u00e0 Bruxelles pour 754 d\u00e9put\u00e9s, 30 000 fonctionnaires, 5000 diplomates et mille journalistes, les places sont ch\u00e8res et on ne peut pas inviter tous les jours un acteur cl\u00e9 qui fera basculer la d\u00e9cision vers plus d&rsquo;ouverture, plus de lib\u00e9ralisation du march\u00e9 et qui fera passer comme lettre \u00e0 la poste un rapport ou des analyses r\u00e9alis\u00e9s avec les financements de la multinationale qui fabrique les produits analys\u00e9s.<\/p>\n<p>Cent-cinquante euros. Il s\u2019agit de la valeur maximale l\u00e9gale pour les cadeaux que toute personne peut offrir \u00e0 un parlementaire europ\u00e9en, que ce soit de la part d\u2019une personne pr\u00e9occup\u00e9e par son bien-\u00eatre, d\u2019un admirateur ou d\u2019un lobbyiste repr\u00e9sentant les int\u00e9r\u00eats d\u2019un groupe de multinationales. Toutefois, il n\u2019y a pas de limite concernant le nombre de cadeaux de 150 euros qui peuvent \u00eatre offerts ou sur la valeur des cadeaux destin\u00e9s \u00e0 ses assistants.<\/p>\n<p>Il est midi \u00e0<strong> Budapest<\/strong>, Diegano descend la rue Eygetem qui m\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9, la bas, le danube poursuit son cours vers la mer noire<\/p>\n<p>Diegano est n\u00e9 la bas, dans la petite ville de Devecer, o\u00f9 toute sa famille vit terr\u00e9e dans la crainte des violences depuis ce jour d&rsquo;ao\u00fbt 2012 ou des groupuscules d\u2019extr\u00eame droite ont attaque le village, lanc\u00e9 des morceaux de b\u00e9ton et d\u2019autres projectiles sur des maisons habit\u00e9es par des Roms en les traitant de \u00ab grands parasites \u00bb et en appelant \u00e0 les \u00e9liminer.<\/p>\n<p>La police n\u2019est pas intervenue pour faire cesser ces violences et on ignore si elle a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des arrestations. Diegano \u00e0 la gorge serr\u00e9e quand il pense \u00e0 quel point le parcours a \u00e9t\u00e9 difficile pour lui pour entrer \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9. Quelque chose de mauvais en travers de la gorge, quelque chose de mauvais qui l\u2019emp\u00eache d&rsquo;avaler&#8230;Les entraves et les brimades, le regard m\u00e9prisant des autres \u00e9tudiants et les sacrifices de son p\u00e8re qui trime la bas dans les champs pour une poign\u00e9e de Forint, sa m\u00e8re qui r\u00e9cup\u00e8re des plastiques pour le vendre une mis\u00e8re et ses deux s\u0153urs qui ne voient s&rsquo;ouvrir pour avenir que la d\u00e9pendance \u00e0 leur maris.<\/p>\n<p>Diegano a toujours cru en l&rsquo;Europe, il se dit europ\u00e9en et fier de l&rsquo;\u00eatre malgr\u00e9 le rire sarcastique des \u00e9tudiants de bonne famille. Il fait partie d&rsquo;une communaut\u00e9 de douze millions de personnes r\u00e9parties sur tout le continent, et c&rsquo;est bien l\u00e0 le probl\u00e8me.<br \/>\nCette communaut\u00e9 n&rsquo;occupe pas un territoire compact, et donc \u00e0 ce titre ne b\u00e9n\u00e9ficie pas de la protection d&rsquo;un \u00e9tat parent. Il sait que dans certains pays, la minorit\u00e9 Rom n&rsquo;est pas reconnue en tant que telle alors qu&rsquo;elle y est implant\u00e9e depuis des si\u00e8cles. Il se souvient de ce que lui disait ce fran\u00e7ais qui \u00e9tait venu intervenir \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 autour d&rsquo;une programme europ\u00e9en.<\/p>\n<p>Lors d&rsquo;une expulsion de Roms \u00e0 l&rsquo;a\u00e9roport de Lyon, l&rsquo;enseignant avait \u00e9t\u00e9 choqu\u00e9 par le phrase d&rsquo;un de ses voisins roumains qui, en voyant les policiers escorter des jeunes roms vers l&rsquo;avion pour Bucarest s&rsquo;\u00e9tonnait que l&rsquo;on reconduise dans son pays ces gens l\u00e0 \u00ab qui ne sont pas des hommes&#8230; \u00bb<\/p>\n<p>Il est midi \u00e0 <strong>Granada<\/strong>, le soleil d&rsquo;Andalousie fait chanter les ocres de l&rsquo;Alhambra, les ruelles de l&rsquo;Albaycin fondent sous la chaleur et leur blanc fait \u00e9cho aux neiges qui s&rsquo;accrochent encore aux sommets de la Sierra Nevada. Tout est pour le mieux dans ce paysage de r\u00eave.<\/p>\n<p>Du r\u00eave, parlons en se dit Paco. Pour lui le r\u00eave a tourn\u00e9 en cauchemar depuis belle lurette dans une r\u00e9gion qui compte 37 % de ch\u00f4meurs. Dans quelque jours, le 14 juin, il est menac\u00e9 d&rsquo;expulsion. Ce matin, Paqui, sa femme lui a dit \u00ab je ne partirai pas &#8230;on a construit cette maison, on a donn\u00e9 la vie \u00e0 quatre enfants&#8230;on reste l\u00e0. \u00bb<br \/>\n.<br \/>\nIl y a quinze ans, le couple a emprunt\u00e9 70 000 \u20ac.. 450 \u20ac \u00e0 rembourser tous les mois, ce n&rsquo;\u00e9tait pas la mer \u00e0 boire, et d&rsquo;ailleurs la mer est \u00e0 60 kilom\u00e8tres. Et puis il y a eu la crise, le ch\u00f4mage depuis trois ans et seulement quelques petits boulots \u00e0 droite \u00e0 gauche, une ou deux journ\u00e9es tout au plus&#8230;.<\/p>\n<p>Pour Paco, pas de doute, c&rsquo;est les banques qui ont jou\u00e9 avec l&rsquo;argent des pauvres gens, des pr\u00eats \u00e0 outrance \u00e0 des taux all\u00e9chants jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la bulle immobili\u00e8re \u00e9clate en 2008. Il l&rsquo;a lu hier dans El pa\u00efs : Durant une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es, les caisses d&rsquo;\u00e9pargne ont fonctionn\u00e9 sur un mode de financement \u00e0 l&rsquo;anglo-saxonne, c&rsquo;est-\u00e0-dire en privil\u00e9giant le commercial sur le risque&#8230;Elles accordaient des pr\u00eats immobiliers sans se pr\u00e9occuper de la solvabilit\u00e9 de leurs clients. La tentation \u00e9tait forte d&rsquo;agir ainsi, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 le BTP \u00e9tait facteur de croissance, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;elles pensaient r\u00e9ussir \u00e0 \u00e9ponger leur capacit\u00e9 de financement gr\u00e2ce \u00e0 la croissance de la bulle immobili\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il y a quelques mois, l&rsquo;Espagne est devenu le quatri\u00e8me pays de la zone euro \u00e0 solliciter un soutien financier, apr\u00e8s la Gr\u00e8ce (240 milliards), l&rsquo;Irlande (85 milliards) et le Portugal (78 milliards). Reste \u00e0 savoir comment une aide directe aux banques, sans passer par l&rsquo;\u00c9tat, va pouvoir am\u00e9liorer la situation.<\/p>\n<p>En juin dernier, la zone euro a inject\u00e9 100 milliards dans l&rsquo;\u00e9conomie espagnole, les bourses ont applaudi \u00e0 tout rompre&#8230;Laurence Parisot a pr\u00e9sidente du syndicat fran\u00e7ais des patrons, le Medef, y est m\u00eame all\u00e9e de son petit encouragement : \u00ab\u00a0Quelque chose de fort, de d\u00e9cisif a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9. Toutefois, cela ne suffit pas, il est temps de b\u00e2tir les \u00c9tats-Unis d&rsquo;Europe \u00bb<\/p>\n<p>En attendant, l&rsquo;article 104 du trait\u00e9 de Maastricht, devenu 123 dans le trait\u00e9 de Lisbonne stipule que les \u00c9tats membres de la Communaut\u00e9 europ\u00e9enne n\u2019ont plus le droit d\u2019emprunter aupr\u00e8s de leur banque centrale, mais sont dans l\u2019obligation d\u2019emprunter aupr\u00e8s de banques priv\u00e9es, moyennant de tr\u00e8s forts int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p>Auparavant, les pr\u00eats accord\u00e9s aux nations concern\u00e9es n\u2019\u00e9taient pas assujettis \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat, seul le montant net de l\u2019emprunt \u00e9tait rembours\u00e9 mais les \u00ab banksters \u00bb ont pris le contr\u00f4le d\u2019une grande partie de la \u00ab cr\u00e9ation mon\u00e9taire \u00bb, en accord avec les personnages politiques cens\u00e9s repr\u00e9senter les citoyens, les prot\u00e9ger, dans tous les sens du terme.<\/p>\n<p>R\u00e9sultat : les banques priv\u00e9es en question g\u00e9n\u00e8rent des profits colossaux gr\u00e2ce \u00e0 leurs imp\u00f4ts et la dette publique ne cesse de s\u2019accro\u00eetre inexorablement au fil du temps. L\u2019Espagne n&rsquo;est qu&rsquo;une \u00e9tape dans l&rsquo;absurdit\u00e9 du syst\u00e8me.<\/p>\n<p>Il est<strong> midi \u00e0 Paris<\/strong>, C\u00e9leste s&rsquo;en revient de son expos\u00e9 \u00e0 Science Po sur le sentiment d&rsquo;appartenance des jeunes fran\u00e7ais(e)s \u00e0 l&rsquo;Europe. Elle a construit son intervention sur un sondage r\u00e9alis\u00e9 il y a deux ans aupr\u00e8s de 2700 jeunes europ\u00e9en(e)s de 16 \u00e0 29 ans, cent individus par pays.<\/p>\n<p>Le r\u00e9sultat est \u00e9difiant, la g\u00e9n\u00e9ration Erasmus n&rsquo;est pas forc\u00e9ment attach\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Union Europ\u00e9enne&#8230; 48 % des Europ\u00e9ens de 16 \u00e0 29 ans admettent le r\u00f4le de la dimension europ\u00e9enne dans leur identit\u00e9,<\/p>\n<p>En France, ce chiffre est ramen\u00e9 \u00e0 42 %&#8230;Seuls les jeunes Britanniques ont un sentiment plus faible (33 %), ce qui n&rsquo;\u00e9tonne pas particuli\u00e8rement C\u00e9leste. Elle est par contre interpel\u00e9e par le fait que Etre Europ\u00e9en compte davantage pour les jeunes des nouveaux \u00c9tats membres : Roumains (61 %), Hongrois (56 %) et Polonais (55 %), alors m\u00eame que pour eux, la nationalit\u00e9 est aussi tr\u00e8s importante.<\/p>\n<p>C\u00e9leste longe le boulevard St Michel, les drapeaux europ\u00e9ens n&rsquo;encombrent pas sa vue, mais ce n&rsquo;est pas la question&#8230; Les jeunes Fran\u00e7ais sont les plus sceptiques sur le futur r\u00f4le de l\u2019UE. Ils sont seulement 29 % \u00e0 penser qu\u2019elle aura un r\u00f4le plus important, contre 32 % des Grecs, 34 % des Britanniques et 43 % de leurs voisins espagnols.<\/p>\n<p>Le salut de l\u2019UE vient une fois encore des pays nouveaux entrants. Pour 62 % des Roumains de 16 \u00e0 29 ans, et 52 % des Polonais, le r\u00f4le de l\u2019Europe va augmenter.<\/p>\n<p>C\u00e9leste longe maintenant les quais, et se demande si \u00e0 force de prendre l&rsquo;Europe pour bouc emissaire aupr\u00e8s de leurs \u00e9lecteurs, les politiques fran\u00e7ais ne sont pas \u00e0 l&rsquo;origine de cette perte de confiance.<\/p>\n<p>Perdue dans ses pens\u00e9es c&rsquo;est \u00e0 peine si elle se laisse distraire par une poign\u00e9e de chr\u00e9tiens \u00e0 genoux qui prient dans la rue sous un immense crucifix tenu par un pr\u00e8tre en soutane pour manifester contre le mariage pour tous. \u00abJe croyais que les pri\u00e8res de rues \u00e9taient interdites par la loi\u00bb.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, huit pays d&rsquo;Europe reconnaissent la mariage homosexuell : les Pays-Bas (depuis 2001), la Belgique (2003), l&rsquo;Espagne (2005), la Su\u00e8de (2009, avec une disposition obligeant l&rsquo;Eglise \u00e0 trouver un pasteur pour c\u00e9l\u00e9brer les mariages religieux), la Norv\u00e8ge (2009), le Portugal (2010), l&rsquo;Islande (2010) et le Danemark (2012) \u00ab Bient\u00f4t 9 \u00bb se dit C\u00e9leste en regardant couler la seine, \u00ab Un tiers, on y arrivera bien un jour&#8230; \u00bb.<\/p>\n<p>Pourtant, en bonne sociologue, C\u00e9leste se demande ce qui arrivera si un couple homosexuel uni dans un pays o\u00f9 cette union est l\u00e9gale va s&rsquo;installer dans un pays ou cette union est ill\u00e9gale. Il est d\u00e9cid\u00e9ment plus difficile de laisser circuler des amoureux que des capitaux<\/p>\n<p>Il est midi \u00e0 <strong>Lisbonne.<\/strong> Midi et des poussi\u00e8res sur l&rsquo;avenue Marques Plombal envahie de voitures et de scooters.<\/p>\n<p>Antonio avait dix ans lors de la r\u00e9volution des \u0153illets, dix ans mais une belle esp\u00e9rance tant \u00e9tait grand l\u2019enthousiasme de son p\u00e8re pour cette \u00e8re nouvelle qui s&rsquo;ouvrait, et qui devait, selon lui, tout naturellement aboutir \u00e0 l&rsquo;adh\u00e9sion \u00e0 l&rsquo;union europ\u00e9enne quelques ann\u00e9es plus tard.<\/p>\n<p>Que de chemin parcouru depuis juin 1985.<\/p>\n<p>Le mod\u00e8le europ\u00e9en, les fonds structurels que le pays a re\u00e7us de l\u2019Europe, surtout pendant les premi\u00e8res ann\u00e9es, le mod\u00e8le social europ\u00e9en, la consolidation d\u2019une d\u00e9mocratie pluripartite et civile, lib\u00e9r\u00e9e de la tutelle militaire, tout cela a contribu\u00e9 de fa\u00e7on d\u00e9cisive \u00e0 faire du Portugal un pays moderne, d\u00e9velopp\u00e9, reconnu internationalement.<\/p>\n<p>Pendant cette p\u00e9riode de paix et de d\u00e9veloppement, on a assist\u00e9 \u00e0 une v\u00e9ritable r\u00e9volution de la mentalit\u00e9 des Portugais.<\/p>\n<p>Les relations entre l\u2019Espagne et le Portugal ont chang\u00e9 radicalement : la m\u00e9fiance qui avait pr\u00e9valu pendant des si\u00e8cles s\u2019est dissip\u00e9e et une p\u00e9riode d&rsquo;excellentes relations s\u2019est amorc\u00e9e, dans tous les domaines, entre les deux \u00c9tats p\u00e9ninsulaires.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui la crise est l\u00e0, cette Europe qui devait faire l&rsquo;union entre les peuples a gliss\u00e9 vers une Europe sous l&#8217;emprise de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie am\u00e9ricaine. Le royaume uni, l&rsquo;Italie et l&rsquo;Espagne se sont peu \u00e0 peu rang\u00e9s du cot\u00e9 de l&rsquo;oncle Sam, mais la Pax Am\u00e9ricana avait une id\u00e9ologie sous-jacente : le n\u00e9o-lib\u00e9ralisme ou la d\u00e9mocratie lib\u00e9rale, c\u2019est \u00e0 dire le march\u00e9 comme valeur supr\u00eame.<\/p>\n<p>C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;est apparue la \u00ab colonisation id\u00e9ologique \u00bb de la social- d\u00e9mocratie et du socialisme d\u00e9mocratique, ainsi que la quasi-disparition des partis d\u00e9mocrates-chr\u00e9tiens, transform\u00e9s en Partis Populaires, par le n\u00e9o- lib\u00e9ralisme am\u00e9ricain, avec l\u2019aide de ce qu\u2019on appelle la \u00abTroisi\u00e8me Voie \u00bb invent\u00e9e par le travailliste Tony Blair, au service de ses amis am\u00e9ricains et du capital international.<\/p>\n<p>Antonio conna\u00eet la suite, la mondialisation d\u00e9r\u00e9gul\u00e9e, sans r\u00e8gles \u00e9thiques ni valeurs, d\u2019un capitalisme sauvage, dit \u00abcapitalisme de casino \u00bb, a men\u00e9 le monde \u00e0 une crise globale, la plus importante depuis 1929.<\/p>\n<p>Elle a commenc\u00e9 \u00e0 Wall Street, avec la faillite de banques comme Lehman Brothers et s\u2019est \u00e9tendue en Europe et un peu partout .<\/p>\n<p>Les march\u00e9s internationaux, sans r\u00e8gles \u00e9thiques, visant seulement la sp\u00e9culation pour la sp\u00e9culation, ont attaqu\u00e9 l\u2019euro, qui reste la deuxi\u00e8me monnaie de r\u00e9serve mondiale.<\/p>\n<p>Antonio enseigne l&rsquo;\u00e9conomie au Lyc\u00e9e, son salaire a baiss\u00e9 deux fois de 10 % en seize mois, les cotisations de s\u00e9curit\u00e9 sociale ont augment\u00e9, seules les charges patronales ont diminu\u00e9, et le pays compte 17,6 % de ch\u00f4meurs.<\/p>\n<p>Tout \u00e0 l&rsquo;heure, il parlera \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves de croissance, de PIB, de d\u00e9ficits publics et de dette souveraine ; tout cela libell\u00e9 en Euros.<\/p>\n<p>Il est midi \u00e0 <strong>Bucarest<\/strong>, et pour Anca midi n&rsquo;est pas la meilleure heure, c&rsquo;est juste l&rsquo;heure de l&rsquo;ennui en attendant la nuit. Apr\u00e8s quelques mois comme vendeuse au Moll pour 157 \u20ac par mois, elle a \u00e9t\u00e9 remerci\u00e9e pour raison \u00e9conomique, la crise, toujours la crise&#8230;<\/p>\n<p>Pour tuer son ennui, et attendre des jours meilleurs, Anca fl\u00e2ne sur les trottoirs de la Calea Victorei, tourne l&rsquo;angle du boulevard dul regina Elisabetea et poursuit son chemin. Elle se souvient des images de liesse de ce premier janvier 2007, jour anniversaire de ses quinze ans, mais surtout jour d&rsquo;entr\u00e9e de la Roumanie dans l&rsquo;Union Europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Elle se souvient de ce concert rock Gigantesque organis\u00e9 \u00e0 quelques pas de l\u00e0, et du discours du pr\u00e9sident Baroso retransmis sur \u00e9cran g\u00e9ant : \u00ab <em>Avec la Roumanie et la Bulgarie qui nous rejoignent aujourd&rsquo;hui, nous cr\u00e9ons une Union de pr\u00e8s d&rsquo;un demi-milliard de citoyens&#8230;.En souhaitant la bienvenue de deux nouveaux membres dans notre famille, nous savons que notre culture, notre h\u00e9ritage sera plus riche et que cela favorisera nos relations mutuelles aussi bien que notre \u00e9conomie<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>Anca sait maintenant qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas plus riche qu&rsquo;avant, pas plus que son p\u00e8re malade de trop de souffre respir\u00e9 \u00e0 la fabrique, pas plus riche que son fr\u00e8re qui vient d&rsquo;\u00eatre reconduit \u00e0 la fronti\u00e8re par la Police fran\u00e7aise. Un comble dans cette union qui laisse passer les capitaux mais reconduit des membres de \u00ab sa famille \u00bb vers leur pays d&rsquo;origine.<\/p>\n<p>Ce soir, Anca guettera les touristes sur l&rsquo;avenue de l&rsquo;universit\u00e9, face au Sofitel pour vendre sa jeunesse pour quelques sous, elle les abordera tout simplement en leur demandant l&rsquo;heure, puis leur proposera son sexe pour quelques euros ou dollars de pr\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<p>Selon un rapport des nations unis, publi\u00e9 par El Pa\u00efs en 2010, Il y a 140 000 prostitu\u00e9es en Europe, un b\u00e9n\u00e9fice de pr\u00e8s de 2,5 milliards de dollar chaque ann\u00e9e et une vie de mis\u00e8re pour ces filles abandonn\u00e9es de la croissance.<\/p>\n<p>Le statut l\u00e9gal de la prostitution variant selon les pays, la prostitution peut \u00eatre class\u00e9 de l&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9 aux activit\u00e9s l\u00e9gales professionnelles. Selon l&rsquo;article 1 de la charte des droits fondamentaux de l&rsquo;Union La dignit\u00e9 humaine est inviolable. Elle doit \u00eatre respect\u00e9e et prot\u00e9g\u00e9e, l&rsquo; article 5 pr\u00e9voit que la traite des humains est interdite.<\/p>\n<p>En Roumanie, la prostitution est interdite, elle est autoris\u00e9s dans 7 \u00e9tats membres avec maisons closes Espagne, Pologne, Portugal, R\u00e9publique Tch\u00e8que, Slovaquie, Slov\u00e9nie et dans la rue dans huit autres \u00e9tats membres Belgique, Chypre, Danemark, Estonie, Finlande, France, Italie, Luxembourg, et elle est r\u00e9gul\u00e9e, ce qui revient \u00e0 dire qu&rsquo;elle est autoris\u00e9e, dans 7 autres \u00e9tats membres Allemagne, Autriche, Gr\u00e8ce, Hongrie, Lettonie, Pays-Bas, Royaume-Uni.<\/p>\n<p>Elle est interdire dans seulement 5 pays : Irlande, Lituanie, Malte, Roumanie, Su\u00e8de<\/p>\n<p>Ce soir, Anca fera ce qu&rsquo;elle peut faire du d\u00e9sespoir de sa jeunesse, ouvrir ses jambes aux yeux de quelques hommes qui viendront lui acheter ce qu&rsquo;elle aimerait tant donner \u00e0 un seul d&rsquo;entre eux dans l&rsquo;abri bienveillant d&rsquo;un foyer.<\/p>\n<p>Il est midi \u00e0 <strong>Dublin<\/strong>. Ann travaille dans une banque et se remet tout juste des turbulences des trois derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p>F\u00e9ministe dans un pays tr\u00e8s traditionaliste, elle n&rsquo;en est pas moins fi\u00e8re de vivre dans un pays en t\u00eate des pays d&rsquo;Europe pour ce qui est de la parit\u00e9 hommes femmes aux charges \u00e9lectives, m\u00eame si cela ne se traduit pas toujours sur le plan salarial.<\/p>\n<p>Hier, le syndicat a organis\u00e9 une conf\u00e9rence sur les in\u00e9galit\u00e9s salariales en Europe.<\/p>\n<p>\u00ab <em>Beaucoup de femmes ont l&rsquo;impression qu&rsquo;elles ont du talent &#8211; mais ne peuvent pas l&rsquo;exercer&#8230; De plus, elles sont bien souvent exclues des circuits de d\u00e9cision<\/em>\u00bb<\/p>\n<p>Ann repasse dans sa t\u00eate les chiffres de la veille : La Norv\u00e8ge -qui ne fait pas partie de l&rsquo;UE-premier pays \u00e0 avoir impos\u00e9 des quotas de 40% de femmes dans les conseils d&rsquo;administration, ne compte que 3% de femmes PDG&#8230; Certains pays refusent, officieusement en tout cas, le concept m\u00eame. En Allemagne, 90 des 100 plus grandes entreprises n&rsquo;ont aucune administratrice&#8230;Le r\u00e9sultat a \u00e9t\u00e9 que dans certains pays on a du \u00e9tablir des quotas : \u00ab<em> Ce qui est grave, ce n&rsquo;est pas d&rsquo;avoir des quotas, mais le fait qu&rsquo;on en ait besoin<\/em> \u00bb se dit Ann en longeant la rue bord\u00e9e de boutiques \u00e0 la gloire de la jeunesse et de la beaut\u00e9.<\/p>\n<p>Ann a bien appris la le\u00e7on : L&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre les femmes et les hommes est l&rsquo;un des principes fondamentaux du droit communautaire. Les objectifs de l&rsquo;Union europ\u00e9enne (UE) en mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre les femmes et les hommes consistent \u00e0 assurer l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des chances et de traitement entre les genres, d&rsquo;une part, et \u00e0 lutter contre toute discrimination fond\u00e9e sur le sexe, d&rsquo;autre part.<br \/>\nIl y a une charte europ\u00e9enne pour l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des droits, pourtant L&rsquo;\u00e9cart de r\u00e9mun\u00e9ration entre les femmes et les hommes refl\u00e8te crument les discriminations et les in\u00e9galit\u00e9s qui persistent sur le march\u00e9 du travail, essentiellement au d\u00e9triment des femmes. A travail \u00e9gal, salaire in\u00e9gal : L&rsquo;\u00e9cart de r\u00e9mun\u00e9ration est estim\u00e9 \u00e0 16,0 % en France contre 16,4 % pour l&rsquo;Union Europ\u00e9enne. Il est de 19,5 % au Royaume-Uni, 23,1 % en Allemagne.<br \/>\nPourtant l&rsquo;\u00e9cart se r\u00e9duit En France par exemple, il \u00e9tait de 29% en 1991 \u00e0 25% en 2009.<\/p>\n<p>Mais l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 n&rsquo;est pas seulement criante dans le monde du travail. Ce qui a le plus choqu\u00e9 Ann, c&rsquo;est un chiffre sur les retraites en France. 833 euros: c&rsquo;est le montant moyen de la pension de retraite des femmes. C&rsquo;est deux fois moins que les hommes qui touchent en moyenne 1743 euros&#8230;<\/p>\n<p>Il est midi \u00e0 <strong>Rome<\/strong>, et Silvio fl\u00e2ne sur la Via Cavour a quelques pas du Colis\u00e9e. Il y a quelques mois qu&rsquo;il a pris la d\u00e9cision de ne plus se rendre \u00e0 l&rsquo;agenzia per l&rsquo;impiego, il fait partie de ces quelques trois millions d&rsquo;italiens qui ont abandonn\u00e9 toute recherche d&#8217;emploi.<\/p>\n<p>Inutile d&rsquo;aller faire des heures de queue pour ne plus rien se voir proposer. Ici, on les appelle les \u00ab d\u00e9courag\u00e9s \u00bb, ou les scoraggiati et bizarrement, ces personnes l\u00e0 ne sont pas int\u00e9gr\u00e9es dans les m\u00e9thodes de calcul du taux de ch\u00f4mage.<\/p>\n<p>En Italie, comme dans le reste de l&rsquo;Union, la m\u00e9thode de calcul du taux de ch\u00f4mage ne prend en compte que les personnes qui ont effectu\u00e9 au moins une d\u00e9marche de recherche lors des quatre semaines pr\u00e9c\u00e9dant l&rsquo;enqu\u00eate, ou celles qui sont sur le point d&rsquo;accepter une offre d&#8217;emploi.<\/p>\n<p>Ainsi, le taux de ch\u00f4mage italien a atteint 11% en 2012, soit 2,7 millions de personnes, ce qui le place dans la moyenne de l&rsquo;Union europ\u00e9enne et bien en-dessous de l&rsquo;Espagne (25%) et de la Gr\u00e8ce (24,3%).<\/p>\n<p>C&rsquo;est oublier ces \u00ab\u00a0d\u00e9courag\u00e9s\u00a0\u00bb, qui ont abandonn\u00e9 leur recherche d&#8217;emploi, sont donc trois millions en Italie, soit 11,6% de la population active, ce qui constitue un niveau sans \u00e9quivalent dans l&rsquo;UE. Cette proportion est par exemple de 4,7% en Espagne, 1,8% en Gr\u00e8ce, 1,3% en Allemagne et 1,0% en France.<\/p>\n<p>La majorit\u00e9 des analystes jugent d&rsquo;ailleurs que le taux de ch\u00f4mage est peu significatif de la situation italienne, et que c&rsquo;est le taux d&#8217;emploi, qui mesure la proportion de gens qui travaillent par rapport \u00e0 la totalit\u00e9 de la population en \u00e2ge de le faire, qui doit \u00eatre privil\u00e9gi\u00e9.<\/p>\n<p>A 56,4% en janvier, le taux d&#8217;emploi de la troisi\u00e8me \u00e9conomie de la zone euro est lui dans le bas du classement de l&rsquo;UE et se trouve en-dessous des chiffres espagnols et grecs.<\/p>\n<p>Silvio tourne \u00e0 l&rsquo;angle de la Via Del fori imperiali, le Colis\u00e9e se dresse devant lui, vestige de la grandeur pass\u00e9e d&rsquo;un pays qui jadis \u00e9tendit son influence jusqu&rsquo;aux rives de la mer Caspienne.<\/p>\n<p>Face \u00e0 lui, la porte par laquelle entra peut-\u00eatre un jour Spartacus, l&rsquo;esclave qui fit jadis, comme les ch\u00f4meurs d\u2019aujourd\u2019hui, partie int\u00e9grante de la vie des romains.<\/p>\n<p>Il est midi \u00e0 <strong>Sofia<\/strong>, Svetlana descend la rue qui m\u00e8ne vers la seule \u00e9cole juive de la capitale. Sur les murs, des graffitis comparent l&rsquo;\u00e9toile de David \u00e0 la croix gamm\u00e9e des nazis, On y lit on ne peut plus clairement une injonction d&rsquo;un autre age : \u00ab <em>Arr\u00eatez l&rsquo;occupation en Bulgarie<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>Sociologue sp\u00e9cialis\u00e9e dans les conflits intercommunautaires, Svetana s&rsquo;\u00e9tonne de cette attaque plut\u00f4t surprenante dans un pays qui affirme traditionnellement sa tol\u00e9rance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la communaut\u00e9 juive, mais elle ne peut s\u2019emp\u00eacher de faire le rapprochement avec les violences antis\u00e9mites qui secouent l&rsquo;Europe de 2013.<\/p>\n<p>Les incidents antis\u00e9mites ont augment\u00e9 de 30 % durant l&rsquo;ann\u00e9e 2012 selon un rapport annuel publi\u00e9 coop\u00e9ration avec l&rsquo;Universit\u00e9 de Tel Aviv.<\/p>\n<p>Pas tr\u00e8s loin, en Hongrie, l&rsquo;antis\u00e9mitisme fait rage et selon les observateurs, une corr\u00e9lation a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e entre l&rsquo;av\u00e8nement des parties d&rsquo;extr\u00eame droite et le haut niveau de manifestations antis\u00e9mites comprenant des violence et du vandalisme \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des int\u00e9r\u00eats juifs. En Gr\u00e8ce comme en Ukraine, les rh\u00e9toriques antis\u00e9mites encouragent \u00e0 des agressions inf\u00e2mes. Svetlana fr\u00e9mit \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e qui traverse son esprit : Ce ne serait pas la premi\u00e8re fois en Europe que les juifs seraient d\u00e9sign\u00e9s comme responsables de la crise.<\/p>\n<p>Le Congr\u00e8s Juif Europ\u00e9en dans un communiqu\u00e9 de presse a laiss\u00e9 entendre qu&rsquo;il avait \u00e9crit au pr\u00e9sident du parlement europ\u00e9en, Martin Schulz\u00a0\u00bb lui demandant d&rsquo;initier un comit\u00e9 de surveillance europ\u00e9en et de fournir une structure officielle et r\u00e9guli\u00e8re en rapport \u00e0 ces faits..\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il est midi \u00e0 Amsterdam, \u00e0 Bratislava, \u00e0 Copenhague, \u00e0 Helsinki, \u00e0 La Valette, \u00e0 Lubljana, \u00e0 Luxembourg, \u00e0 Nicosi, \u00e0 Pragues, \u00e0 Riga, \u00e0 Stockholm, \u00e0 Tallinn et \u00e0 Vilnius.<\/p>\n<p>Hans le prof dhistoire, Lubina la prof d&rsquo;\u00e9conomie, Niels le prof de g\u00e9ographie, Alma la prof de Fran\u00e7ais, Emir le prof d&rsquo;anglais, Ada la prof de sciences sociales, Jonathan le prof d&rsquo;histoire des id\u00e9es politiques, Sanina la prof de droit, Ian le prof de sociologie, Angelica la prof d&rsquo;\u00e9ducation civique, Erik le prof d&rsquo;\u00e9conomie politique, Kadi, la prof de philosophie et Paulius le prof d&rsquo;allemand s&rsquo;appr\u00eatent \u00e0 donner \u00e0 leurs \u00e9tudiants un exercice de commentaire de texte sur le discours prononc\u00e9 \u00e0 la fin du WIXeme si\u00e8cle par le grand Victor Hugo.<\/p>\n<p><em>Un jour viendra o\u00f9 les armes vous tomberont des mains, \u00e0 vous aussi !<\/em><\/p>\n<p><em>Un jour viendra o\u00f9 la guerre para\u00eetra aussi absurde et sera aussi impossible entre Paris et Londres, entre P\u00e9tersbourg et Berlin, entre Vienne et Turin, qu&rsquo;elle serait impossible et qu&rsquo;elle para\u00eetrait absurde aujourd&rsquo;hui entre Rouen et Amiens, entre Boston et Philadelphie.<\/em><\/p>\n<p><em>Un jour viendra o\u00f9 la France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualit\u00e9s distinctes et votre glorieuse individualit\u00e9, vous vous fondrez \u00e9troitement dans une unit\u00e9 sup\u00e9rieure, et vous constituerez la fraternit\u00e9 europ\u00e9enne, absolument comme la Normandie, la Bretagne, la Bourgogne, la Lorraine, l&rsquo;Alsace, toutes nos provinces, se sont fondues dans la France.<\/em><\/p>\n<p><em>Un jour viendra o\u00f9 il n&rsquo;y aura plus d&rsquo;autres champs de bataille que les march\u00e9s s&rsquo;ouvrant au commerce et les esprits s&rsquo;ouvrant aux id\u00e9es.<\/em><\/p>\n<p><em>Un jour viendra o\u00f9 les boulets et les bombes seront remplac\u00e9s par les votes, par le suffrage universel des peuples, par le v\u00e9n\u00e9rable arbitrage d&rsquo;un grand s\u00e9nat souverain qui sera \u00e0 l&rsquo;Europe ce que le parlement est \u00e0 l&rsquo;Angleterre, ce que la di\u00e8te est \u00e0 l&rsquo;Allemagne, ce que l&rsquo;Assembl\u00e9e l\u00e9gislative est \u00e0 la France !<\/em><\/p>\n<p><em>Un jour viendra o\u00f9 l&rsquo;on montrera un canon dans les mus\u00e9es comme on y montre aujourd&rsquo;hui un instrument de torture, en s&rsquo;\u00e9tonnant que cela ait pu \u00eatre !<\/em><\/p>\n<p>L&rsquo;Europe ne s&rsquo;enseigne pas seulement dans les cours d&rsquo;histoire, l&rsquo;Europe ne se subit pas que dans les m\u00e9andres des institutions, l&rsquo;Europe se vit, et le vie est un choix, \u00e0 nous de faire le choix de la vie.<\/p>\n<p>Guy L\u00e9v\u00eaque, Bruxelles, mai 2013.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;ai \u00e9crit cet article en 2013, \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;une conf\u00e9rence \u00e0 deux voix avec Philippe Busquin, il pointe les germes de\u00a0 la d\u00e9r\u00e9gulation eu Europe et l&rsquo;abandon des plus fragiles. Il est midi \u00e0 Berlin, le soleil plombe sur Kaiserdamm Bismark street. Pour \u00c9va, ce soleil n&rsquo;a rien de bon, pas plus que les oiseaux &hellip; <a href=\"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/?p=5351\">Lire la suite &rarr;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-5351","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5351","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5351"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5351\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5357,"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5351\/revisions\/5357"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5351"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5351"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/vivreetecrire.fr\/wp\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5351"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}