Privé de désert

              

Il faut se trouver face au désert pour comprendre à quel point bien souvent il nous ressemble. D’ailleurs, on n’est jamais face au désert, ni d’ailleurs face à nous même, puisqu’on ne sait jamais vraiment où tout a commencé.

C’est un peu comme la lumière, elle ne prend de sens qu’en nous révélant quelque chose, ce n’est pas elle qu’on voit mais sa révélation. Autant dire que parfois il suffit d’éteindre la lumière pour laisser dormir le passé pour autant qu’il puisse à lui seul nous révéler des choses.

D’ailleurs, en patois du Gévaudan, on ne dit pas « éteins la lumière » , mais « tuas lo lum »

On tue la lumière comme un juste retour des choses parce qu’on se rappelle que la  lumière a tué  Meursault et tous les autres.

Illusion et vanité : on n’éteint jamais la lumière, pas plus que l’on enterre le passé.

La lumière est comme l’homme qui étonne le Petit Prince.

Au petit matin frêle et fragile, elle perce timidement les ténèbres, puis s’enhardit a se mettre debout, et commence à projeter des ombres, tout en ne percevant qu’une partie des choses dont elle ne voit qu’un seul coté, une seule part de réalité.

Et puis….Mais ce n’est ni la question ni le sujet : Ici il est question du désert, et le désert n’existe pas depuis que l’homme y a pris pied.

C’est une invention de l’homme qui découvre un espace jusque là oublié de lui seul, un espace sauvage, aride, vierge et inanimé.

Un homme perdu dans les ocres du désert, loin des avions, des pilotes, des renards, des puits et des serpents.

Le désert, c’est comme l’enfance, elle s’éloigne de l’homme quand il veut s’en rapprocher. C’est loin de tout et pourtant c’est tout près.

 

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