Jeux de mains

« Jeux de mains, jeux de vilains! » Voila l’arme fatale des grands mères pour gagner la tranquillité de leurs petits bambins, et les préparer à une chasteté à venir dès lors que leurs mains s’enhardiront à vouloir explorer les rondeurs de la vie.

C’est pourtant beau une main, ça résume en quelque sorte une personne, c’est son ambassadeur, son prolongement, le miroir de son âme.

C’est avant tout un symbole : «Voyez mes mains et mes pieds»  C’est en montrant ses stigmates que Jésus prouve son identité à ses disciples. Comme de nombreux autres faiseurs de miracles de la légende catholique le christ utilise ses mains pour guérir les malades.

« Homsa », la main de Fatima,  la fille préférée du prophète Mahomet symbolise dans la tradition, la place de la femme et protège du mauvais œil.

La main, c’est aussi une géométrie. Les proportions entre la paume de la main et la distance entre les doigts, avec ou sans le pouce, correspondent à celles du nombre d’or.

Il y a bien longtemps, c’est avec ses mains que l’homme a commencé à s’exprimer en laissant ses empreintes sur les parois des grottes.

Mais les mains, c’est autre chose.

Une main
ça parle dans le soir
ça déplace les ombres
ça étire l’alphabet
ça fait chanter des cordes
ça dessine des soleils dans des cieux enfantins
ça façonne la glaise
ça abrite les lignes que lit la bohémienne
ça montre le chemin
ça guide dans le noir
ça rend vue à l’aveugle
ça rend voix au muet
ça rassure l’enfant apeuré
ça allume le désir
ça se tend pour donner
ça s’ouvre pour accueillir.

C’est  aussi simple que ça ; une main c’est la douceur d’une caresse qui fait fleurir la vie.

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