Los pechos de la montaña

 Au commencement, les hommes n’avaient pas fait attention, ils laissaient faire la montagne.

Elle était là, on le savait, depuis longtemps

Tout près de la rivière Urubamba.

Enfin, quand je dis les hommes, c’est plutôt les femmes qui n’avaient pas remarqué que la montagne prenait des formes ; qu’elle les imitait.

Des formes nourricières, garnies comme une poitrine pleine de lait.

Peu à peu, encouragés par les caresses des hommes qui venaient la visiter, les seins de la montagne ont poussé.

Doucement au début, timidement, comme une fleur qui ne sait pas quelle couleur elle doit mettre pour être belle puisqu’elle ne s’est jamais vue en fleur.

Petit à petit, la montagne s’est enhardie, a poussé ses seins à son avantage.

S’est approchée de la rivière pour sentir l’eau les caresser.

Et les hommes sont venus de plus en plus souvent au bord de la rivière voir sa gorge s’offrir et se remplir de vie.

La montagne a grandi, beaucoup d’hommes ont effleuré des yeux sus pechos a los pezones morenos de savia y de sol

Ils ont suivi patiemment les contours de son buste, les ont bordés de parures de pierres et de fleurs

Un jour, tout naturellement, les hommes ont vu que quelque chose avait changé « L a montaña cayó embarazada, sus pechos se ponen pesados ». 

La montagne est devenue mère sans qu’on sache qui était le père, et d’ailleurs on n’a pas cherché, et à quoi bon?

On ne sais pas son nom, il y en a qui disent qu’elle s’appellerait Myriam et viendrait de Palestine.

D’autres qui disent que c’est une femme perdue qui s’est un jour arrêtée là,

D’autre la disent « patcha mama »

D’autres ne la disent pas. On ne dit pas une montagne, on la voit et on la veut, tout simplement, sans en faire une montagne.

 

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