Ici la bonne combe

Aujourd’hui, l’Aubrac veut dire, dire des choses, manière de dire, l’Aubrac est bavard, alors parfois, il parle pour ne rien dire.

Sacré Aubrac, ou Aubrac sacré au temps des premiers pèlerins : allez savoir…

Aujourd’hui, l’Aubrac joue le blanc.

Toi tu nous énerves avec ces histoires de couleurs, toi qui gribouilles sans savoir dans les palettes qui t’échappent.

Tu ne comprends pas l’Aubrac.

L’Aubrac, c’est une dimension, une étendue, du temps et de l’histoire, celle des bâtisseurs de dômeries, celle des troupeaux qui ne connaissent rien du temps, si ce n’est de la pluie .

L’Aubrac, c’est un mélange de blanc et de noir.
Le blanc de la neige
Le noir des ruisseaux qui viennent des tourbières

Mais bon, passons, glissons plutôt sur la grisaille du temps.

Si tu ne connais pas le blanc de la neige et le gris du silence, alors tu ne connais pas non plus le blanc de l’Aubrac.

Les idiots disent que le blanc n’est pas une couleur, alors qu’elle est la première, parcequ’elle est celle qui révèle par son silence de couleur les autres couleurs.

Tu trouves ça compliqué, mais dis moi, tu en connais toi des couleurs qui se taisent pour laisser leur place aus autres sur le siège de l’arc en ciel ?  Mais je sais que  toi, petite fille, tu dessines sur du papier blanc

Regardes, regardes un peu comme ce ruisseau de la haut existe parce que le blanc de la neige te montre son chemin, et caresse ses îles de presque rien, fragiles, parfumées de l’être.

Sans le blanc, pas de couleurs, sans la couleur, pas de ruisseau, et sans le ruisseau, pas de  poissons, et sans les poissons, pas de pêcheurs ;  alors dis moi comment les le pêcheurs verront les reflets des poissons dans le lac de la haut, de la belle et bonne combe.

Je dis ça, mais je dis rien, parceque quelque part, l’Aubrac, c’est le silence, alors je me tais et j’écoute le silence ; c’est tellement beau, c’est du temps, un peu de froid, du vent qui fatigue, quelque chose qui tombe de nulle part et attend d’autres jours.

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