Marc

Marc c’est Marc, voila, je ne connais pas grand chose de lui et pourtant j’ai l’impression de le connaître depuis si longtemps.

Marc c’est un sourire.

Un sourire qui le dépasse, qui va au delà de lui, je sais pas pourquoi il sourit, il balance des sourires comme un palestinien balancerait des pierres à droite et à gauche sans vraiment vouloir faire mal.

Comme ça, juste pour envoyer des sourires parce qu’il est sur de son affaire, parce qu’il croit à l’intifada de la vie.

Sourire à la lune, sourire au temps qui s’écoule, aux nuages qui passent la bas ;  les merveilleux nuages.

Sourire aux rêves et le dire au fil des rues parce qu’il sait que pour les enfants des rues comme pour les accrocheurs de rêves,  la vie ne tient qu’à un fil.

Oui c’est ça, il doit sourire aux rêves, au rêves qui passent sous des voiles de lune, aux rêves qui descendent pour quelque temps, pour un peu de temps, juste le temps qu’il faut, pas plus  parce qu’il faut pas non plus rester là trop longtemps sinon les fourriers des rêves vous ramassent sans ménagement.

Et ceux là ne font pas de détails, ils ramassent tout ce qui bouge et pendant que les braves gens ont le sommeil paisible en se disant que les croque-rêves veillent, les poètes ont le sommeil agité.

C’est ce sourire qui accroche les rêves, ce sourire de déconneur qui fait rire en dedans parce qu’il a toujours eu  dans les yeux le briquet de la malice qui t’allume la joie de vivre comme un pétard du treize juillet, celui qui a un coup d’avance parce qu’il sait que les dates arrangées tuent la magie du temps,  alors il joue avec le temps comme d’autres jouent avec les mots ; en tirant sur la ficelle.

Marc, c’est ce grimacier grimaçant qui te joue la pièce d’un déglingué comme d’autres s’ennuient dans un dortoir : tout naturellement ; allez savoir pourquoi.

Je sais, mon image ne tient pas, mais une image c’est fragile, ça dure un temps et si ça tape à coté tant pis. C’était juste pour dire que peut-être, avec un voisin comme lui, on ne se serait jamais ennuyés dans le dortoir.

Alors on va dire qu’il grimace comme Bobi dans « Que ma joie demeure« , comme ça tout ira bien.

Marc, c’est lui qui un jour a lu pour moi une histoire incroyable de lièvre de renard et de curé. Ce jour là, il a rendu belles les prairies du pied du bois. Ce païen coté cour qui grimaçait devant la croix en jouant Fo a rendu un bel hommage au curé Moulin.

Et que dire du renard?

Je crois que Marc avait quelque chose des trois : la malice de l’abbé M, l’imprudence du lièvre et la tendresse du renard, où un peu de tout ça mélangé dans le creuset d’une vie qui passe le temps de dire ouf dans un monde ou tendresse et malice se mélangent dans la tête des imprudents.

Je ne suis plus sur de rien, si ce n’est que le samedi, sur la parking d’Inter-marché, je ne verrai plus arriver un escogriffe tout droit sorti d’une comédie abracadabrante qui me lancera dans un sourire coloré de malice « Alors, t’as des nouvelles de l’abbé M? »

 

 

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